Kiev réclame 43 milliards à Moscou : la guerre en Ukraine laisse une facture écologique explosive

D’après Ouest France, l’Ukraine a officiellement demandé à la Russie une compensation de 39,56 milliards d’euros pour les dommages environnementaux causés par la guerre en cours. Cette demande, déposée lors de la trentième conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP30) au Brésil, souligne les conséquences climatiques colossales déjà observées et qui se poursuivent. Kiev précise que le montant augmentera en fonction des destructions liées aux hostilités. La démarche vise aussi à mettre en place un mécanisme géré par le Conseil de l’Europe pour traiter des réclamations similaires.

Des chiffres qui font réagir

Kiev cherche réparation pour une série de dommages qui n’ont pas seulement touché l’Ukraine, mais ont aussi pesé sur le climat mondial, notamment la contamination environnementale. Un rapport intitulé « Dommages climatiques causés par la guerre russe en Ukraine » détaille ces effets, avec une estimation actuelle de 237 millions de tonnes d’équivalent CO₂ pour mars 2025, pouvant atteindre 294 millions de tonnes d’ici la même année. Ces chiffres reposent sur une estimation du coût social du carbone fixée à 334 € par tonne pour 2030, selon le GIEC.

Les principales sources d’émissions mentionnées sont les opérations militaires, telles que l’attaque aérienne massive, les incendies provoqués par les bombardements, ainsi que la destruction d’infrastructures et la construction de fortifications. Une fois le conflit terminé, la reconstruction devrait ajouter à elle seule « une autre centaine de millions de tonnes de CO₂ ».

Qui est concerné et quelles suites judiciaires ?

Sur le plan judiciaire, l’affaire oppose Kiev (demandeur) à Moscou (défendeur). Les procureurs et tribunaux ukrainiens travaillent sur 247 affaires de crimes de guerre environnementaux, un chiffre qui témoigne de l’ampleur des dégâts. Le dossier pourrait aussi être porté devant la Cour pénale internationale, d’après plusieurs responsables ukrainiens. Pavlo Kartashov, vice-ministre ukrainien de l’Économie et de l’Environnement, déclare : « Nous avons beaucoup de défis à relever en ce moment… mais un jour la Russie devra être tenue responsable de tous les dégâts qu’elle a causés… y compris des dégâts sur l’environnement ».

Reconstruire sans aggraver les émissions

Pour limiter les émissions liées à la reconstruction, l’Ukraine explore des solutions concrètes, y compris des stratégies de défense naturelle. L’une des pistes proposées est d’utiliser des matériaux biosourcés, comme le chanvre, en remplacement du ciment traditionnel. Lennard de Klerk de l’IGGAW a reconnu que « au lieu d’utiliser du ciment, utiliser des matériaux biosourcés comme le chanvre… Ce serait une façon de ne pas produire ces émissions liées à la reconstruction ». En tant que puissance agricole, l’Ukraine pourrait cultiver le chanvre nécessaire et ainsi réduire son empreinte carbone tout en rebâtissant le pays.

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