Depuis les attentats du Hamas en 2023, l’ONU s’inquiète de la situation en Cisjordanie. Selon elle, Israël a mis en place un système pouvant être assimilé à l’apartheid. Tel-Aviv conteste ces accusations.
Un système d’apartheid en Cisjordanie selon l’ONU
Le mercredi 7 janvier 2026, à Genève, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a publié un rapport accablant sur la situation en Cisjordanie, soulignant la dégradation des droits humains. Le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme décrit comment les lois, politiques et pratiques israéliennes restreignent durablement les libertés civiles et économiques des Palestiniens. Selon Volker Türk, chef du Haut-Commissariat, « on assiste à une asphyxie systématique des droits des Palestiniens en Cisjordanie », signalant une pression constante sur l’accès à l’eau, à l’éducation et aux services essentiels.
Cette asphyxie se manifeste, toujours selon l’ONU, par la mise en place de régimes juridiques différents pour les populations. Les Palestiniens sont soumis à des restrictions sévères, tandis que plus de 500 000 colons israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, territoires considérés comme illégaux au regard du droit international, sur un territoire où résident environ 3 millions de Palestiniens.
Le rapport dénonce également le rôle des forces de sécurité israéliennes dans l’extension de ces politiques discriminatoires. Selon les experts onusiens, la confiscation de terres, les restrictions de mouvement et l’accès limité aux ressources essentielles sont des mécanismes qui, cumulés, restreignent profondément les droits humains.
Accusation d’« apartheid » : un terme lourd de sens
Pour la première fois, un Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU qualifie la situation de « système d’apartheid ». Volker Türk a affirmé que cette situation constitue « une forme particulièrement grave de discrimination et de ségrégation raciales, ressemblant au type de système d’apartheid que nous avons déjà connu ».
L’usage de ce terme fait référence à une séparation institutionnalisée des populations basée sur l’origine ethnique ou nationale, impliquant une domination d’un groupe sur un autre. Des experts des droits humains avaient déjà évoqué ce terme dans le passé pour qualifier certaines pratiques dans les territoires occupés, mais c’est la première fois qu’il est utilisé de façon explicite par la direction du Haut-Commissariat.
Cette accusation intervient dans un contexte de tensions croissantes depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le mouvement Hamas en octobre 2023, qui a aggravé les conditions de vie des populations civiles palestiniennes et intensifié les violences entre colons et habitants locaux.
Le rapport onusien souligne également une détérioration sans précédent des droits humains en Cisjordanie depuis la guerre, avec une montée des violences, des détentions arbitraires et de nombreuses restrictions visant la société civile et les médias. Si la diplomatie israélienne conteste régulièrement ces accusations, affirmant que ses politiques sont motivées par des raisons de sécurité, de nombreux États et organisations internationales observent avec attention et préoccupation le rapport de l’ONU, qui pourrait peser sur les futurs débats internationaux concernant le conflit.
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