L’Inde est à un tournant sur un dossier stratégique : l’achat de sous‑marins. Alors qu’un partenariat ancien avec Naval Group semblait promettre trois sous‑marins Scorpène supplémentaires, des signes laissent penser que New Delhi pourrait finalement se tourner vers l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Un tel choix aurait des conséquences sur les relations entre l’Inde, la France et l’Allemagne.
Un long feuilleton de transferts technologiques
Depuis 2005, Naval Group est présent en Inde et avait mis en avant un vaste programme de transfert de technologie pour la construction de six sous‑marins Scorpène. Ce projet visait à renforcer la capacité sous‑marine indienne, une priorité dans la modernisation de la Marine nationale.
En juillet 2023, lors de la visite du Premier ministre indien Narendra Modi en France, un accord presque finalisé pour trois sous‑marins supplémentaires semblait consolider cette coopération. Cet accord faisait suite à une entente de 6,81 milliards d’euros, qui incluait aussi le renforcement de la flotte avec 26 avions Rafale marine.
Pourtant, l’officialisation de la vente des Rafale en avril 2025 n’a pas mentionné les sous‑marins, ce qui a semé le doute sur les intentions réelles de l’Inde. Faute de confirmation indienne pour les trois Scorpène supplémentaires, les hésitations se sont multipliées dans les communiqués venus de New Delhi, rapporte le site actu.fr.
L’Allemagne dans la course : le projet P‑75I
Plusieurs signaux, notamment des analyses du Times of India, indiquent que l’Inde pencherait désormais pour un partenariat avec TKMS autour du projet P‑75I. Ce programme prévoit la construction de six sous‑marins à propulsion conventionnelle pour 7,36 milliards d’euros, et met en avant une avance technologique supposée du projet allemand par rapport à celui de Naval Group.
Berlin semble devenir une option privilégiée pour New Delhi. Le Times of India affirme que « le vent semble avoir tourné », alimentant les rumeurs d’un retrait de Naval Group au profit de l’Allemagne. Les chantiers indiens, notamment Mazagon Dock Shipbuilders Limited (MDL) à Mumbai, sont au centre des préoccupations quant à leur capacité à mener de front les deux programmes.
Zones d’incertitude et enjeux géopolitiques
Malgré ces signaux, New Delhi n’a pas officiellement abandonné le contrat avec Naval Group pour les trois Scorpène. Les négociations restent sensibles et des interventions politiques de haut niveau pourraient encore jouer un rôle, surtout au regard du partenariat stratégique entre l’Inde et la France.
Le jeu diplomatique est complexe, d’autant plus que l’Inde est sous pression pour renforcer sa flotte face à un « rival chinois surpuissant ». L’histoire rappelle aussi que Naval Group a déjà perdu le marché des douze sous‑marins au Canada, un précédent qui pèse dans les esprits. L’industriel français reste silencieux sur les discussions en cours, ce qui reflète la délicatesse du dossier.
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