La sénatrice et ancienne ministre des Outre-mer, Annick Girardin, tire la sonnette d’alarme. Elle s’inquiète d’un « abandon » de la souveraineté française sur place. Elle vient d’écrire à Emmanuel Macron.
Un « abandon » de souveraineté à Saint-Pierre-et-Miquelon
Le 21 janvier 2026, la sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon, Annick Girardin, a adressé un courrier solennel au président de la République, Emmanuel Macron, afin de dénoncer un projet administratif concernant l’espace aérien de l’archipel, qu’elle estime incompatible avec l’exercice plein de la souveraineté française à Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette mesure porterait sur la zone dite « d’approche », située sous une altitude de 6 000 pieds, soit environ 1 800 mètres, un secteur stratégique pour le contrôle des mouvements aériens autour de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Or, pour la sénatrice, ce projet administratif dépasse largement un simple ajustement technique. Dans son courrier adressé à Emmanuel Macron, Annick Girardin affirme que confier cette zone à une autorité étrangère serait vécu comme un renoncement par la population locale. « On ne sous-traite pas sa souveraineté », écrit-elle explicitement, soulignant que la souveraineté à Saint-Pierre-et-Miquelon ne peut être fragmentée sans conséquences politiques majeures.
Ce débat intervient dans un contexte particulier pour l’archipel. Saint-Pierre-et-Miquelon, collectivité française d’outre-mer située à proximité immédiate du Canada, compte environ 6 000 habitants. Bien que son espace aérien soit enclavé dans celui du Canada, il demeure juridiquement sous souveraineté française, un point que la sénatrice juge non négociable.
Une vive inquiétude
Dans sa lettre, Annick Girardin alerte Emmanuel Macron sur ce qu’elle qualifie explicitement d’« abandon manifeste » de la souveraineté à Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle estime que la gestion de l’espace aérien, même partielle, constitue un attribut fondamental de l’autorité de l’État. De plus, la sénatrice considère qu’un tel transfert créerait un précédent dangereux, tant sur le plan juridique que symbolique.
La sénatrice insiste notamment sur l’impact psychologique et politique d’une telle décision. Elle écrit qu’un transfert de gestion serait « vécu comme un abandon manifeste de la souveraineté française dans l’archipel ». À ses yeux, ce sentiment local serait d’autant plus fort que Saint-Pierre-et-Miquelon représente l’un des derniers points d’ancrage territorial français en Amérique du Nord.
Par ailleurs, Annick Girardin met en garde contre le signal envoyé à l’international. Elle estime qu’une telle décision « enverrait un signal incompréhensible de renoncement de la France à l’exercice plein de ses droits souverains dans la zone ». Ainsi, au-delà de Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est la posture stratégique de la France dans l’Atlantique Nord qui serait questionnée, dans un contexte géopolitique marqué par un regain de tensions dans les régions arctiques et subarctiques.
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