Un chantier d’envergure au service des armées et de l’industrie
La création de cette nouvelle branche de France Travail répond à des objectifs ambitieux de recrutement dans un secteur jugé stratégique pour la souveraineté nationale. Selon les annonces ministérielles, ce dispositif doit permettre de « mobiliser complètement les forces de l’opérateur public pour répondre aux besoins de l’industrie de défense ».
Le ministre a souligné lors de ses déclarations que l’effort porte sur des dizaines de milliers d’emplois à créer, dont une partie significative dans le département du Var, où 10 000 postes sont attendus d’ici 2030. Cette fourchette très substantielle traduit la montée en puissance du secteur, entre modernisation des armées, renouvellement de matériel et montée des capacités industrielles.
Pour l’État, la branche Défense au sein de France Travail est conçue comme une structure nationale dédiée au recrutement dans ce domaine. Elle sera placée sous l’autorité d’un général, ce qui reflète l’importance stratégique accordée à ce projet et la nécessité de créer une interface crédible entre l’opérateur de l’emploi, les armées et les acteurs industriels.
Un dispositif en connexion avec les armées et l’industrie
Selon les informations disponibles, cette nouvelle équipe de France Travail collaborera étroitement avec plusieurs acteurs institutionnels et industriels, afin d’optimiser les recrutements et répondre aux besoins des armées. Plus précisément, elle sera en lien avec :
- La Direction générale de l’armement (DGA), responsable des programmes d’armement.
- Les représentants des armées, qui connaissent les besoins opérationnels en personnel qualifié.
- Les fédérations professionnelles et 9 grands maîtres d’œuvre industriels, couvrant la conception, la production et la maintenance des équipements militaires.
Cette collaboration vise à qualifier précisément les besoins en compétences et métiers, y compris pour les petites et moyennes entreprises du secteur. L’objectif est d’orienter et accompagner les candidats vers ces métiers, en conjuguant les attentes des armées et celles des industriels.
Le ministre Jean-Pierre Farandou a insisté sur l’importance de ce couplage entre besoins militaires et viviers d’emploi : « On va créer une force spéciale défense … pour amener tous les travailleurs nécessaires pour que notre industrie de défense puisse se développer », a‑t‑il déclaré.
Quelles conséquences pour l’emploi dans la Défense ?
La création de cette branche au sein de France Travail intervient dans un contexte où les armées françaises modernisent leurs capacités, avec des programmes majeurs comme la modernisation Scorpion de l’armée de Terre ou le renouvellement des systèmes d’armes aériennes et navals.
Pour les armées, cela signifie que France Travail ne se limite plus à un rôle d’intermédiaire généraliste sur le marché du travail, mais devient un acteur structurant pour l’orientation, la qualification et l’adaptation des compétences aux besoins spécifiques de la défense.
Ce déploiement se traduira notamment par :
- une meilleure identification des compétences recherchées dans des domaines techniques (chaudronnerie, électronique, systèmes numériques, cybersécurité, etc.).
- une présence active auprès des demandeurs d’emploi et des viviers disponibles dans toute la France.
- la tenue d’événements dédiés, comme celui prévu le 23 avril à Toulon, où plus de 5 000 offres d’emploi seront proposées dans les métiers de l’industrie de défense.
Pour les entreprises du secteur, notamment les PME, ce dispositif constitue une plateforme d’intermédiation structurée qui facilite la mise en relation entre besoins en compétences et candidats. Il s’inspire de modèles déjà existants dans d’autres secteurs (comme le nucléaire) où des équipes spécialisées ont démontré leur utilité pour répondre à des besoins très techniques.
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