Des élèves de Saint-Cyr suspectés de l’incendie d’un bateau américain

L’histoire pourrait créer des remous diplomatiques. Plusieurs élèves de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr sont suspectés d’avoir mis le feu à un bateau américain. Les faits se sont produits en 2024 au Japon. Un juge français vient d’être saisi du dossier.

Des élèves de Saint-Cyr accusés d’un incendie au Japon

Le parquet de Paris confirme une information du Canard Enchaîné concernant l’ouverture d’une information judiciaire visant quatre élèves officiers de l’Académie militaire de Saint-Cyr, suspectés d’être impliqués dans l’incendie d’un navire au Japon. Cette procédure conduit un juge d’instruction français à enquêter sur des faits remontant au 25 novembre 2024, alors que les jeunes officiers accomplissaient un semestre international au sein de la National Defense Academy de Yokosuka. Ce jour-là, un incendie s’est déclaré à bord d’un navire dans la baie de l’île d’Okinawa, au sud du Japon. Selon l’enquête préliminaire, ce bâtiment maritime, décrit comme un vieux cargo battant pavillon américain, a subi d’importantes destructions dans l’incendie.

Le ministre japonais de la Défense avait reconnu, lors d’une conférence de presse le 25 août dernier, que des éléments liés à cet incendie mettaient en cause du personnel militaire français présent sur place. Ces informations ont été relayées et confirmées par le ministère public français, qui a reçu un signalement du chef d’état-major de l’armée de Terre le 29 septembre 2025, alertant le parquet de Paris de faits délictuels potentiellement commis par ces élèves-officiers de Saint-Cyr.

Ce que les enquêtes ont révélé sur la nuit des faits

Selon le parquet de Paris, les quatre élèves de Saint-Cyr étudiaient et effectuaient leur formation internationale au Japon lorsqu’ils ont été impliqués dans l’incendie du navire. Sur leur « temps libre », ils auraient voulu « explorer un bateau » avant que l’incendie ne se déclare. « Ils avaient admis avoir, sur leur temps libre, voulu explorer un bateau et y avoir involontairement mis le feu », a détaillé le ministère public, sans qu’ils aient auparavant informé leur hiérarchie ni les autorités locales.

Les militaires, revenus en France à la fin de leur mission en décembre 2024, ont été visés par plusieurs actes de procédure depuis que l’affaire a éclaté au grand jour. Le 24 octobre 2025, la section chargée des affaires pénales militaires du parquet de Paris a ouvert une information judiciaire. Celle-ci vise notamment des qualifications pénales lourdes : destruction ou dégradation par moyen dangereux, soustraction de document ou d’objet concernant un crime ou un délit pour faire obstacle à la vérité, et vol aggravé (en réunion et par escalade).

L’enquête est désormais menée sous la responsabilité d’un juge d’instruction français, en coordination avec les autorités japonaises, afin de reconstituer le déroulé exact des faits, leurs circonstances et d’établir les responsabilités.

L’affaire secoue les milieux militaires et diplomatiques pour plusieurs raisons. D’une part, elle met en cause des élèves officiers en formation issus de Saint-Cyr, l’une des institutions les plus prestigieuses de l’armée française. D’autre part, elle implique un incident à l’étranger contre un navire lié aux États-Unis, sur le sol japonais, allié stratégique de Paris et de Washington dans la région indo-pacifique.

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