Le régime des mollahs vacille en Iran. Face à la répression sanglante, l’Union européenne vient de classer les Gardiens de la Révolution comme groupe terroriste. Téhéran vient de faire pareil avec les armées européennes.
L’Iran classe les armées européennes comme terroristes
Le régime iranien a formellement annoncé que les armées des pays membres de l’Union européenne sont désormais considérées comme « groupes terroristes » par Téhéran, une réaction directe à la décision prise récemment par l’Union européenne de classer le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) sur sa liste des organisations terroristes. Cette qualification sans précédent, exprimée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, s’inscrit dans une série de mesures de rétorsion diplomatique et symbolique qui intensifient un conflit déjà marqué par des tensions politiques et militaires croissantes.
Mohammad Bagher Ghalibaf a affirmé devant le Parlement iranien que, « conformément à l’article 7 de la loi sur les contre-mesures », les armées des États européens sont désormais considérées comme des groupes terroristes par l’Iran. Ce texte législatif iranien, adopté en 2019, prévoit en effet des mesures réciproques contre les pays qui désignent les forces iraniennes comme terroristes.
Lors de cette session, les parlementaires iraniens ont porté des uniformes des Gardiens de la Révolution et scandé des slogans anti-occidentaux, une démonstration hautement symbolique destinée à affirmer l’unité du régime face à ce qu’il qualifie d’« action irresponsable » de l’Union européenne.
Le contexte déclencheur : liste des Gardiens de la Révolution
La décision iranienne fait directement suite au classement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) par l’Union européenne comme organisation terroriste il y a quelques jours. Ce classement, largement motivé par la répression violente des protestations internes en Iran, a été adopté à l’unanimité par les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’UE, qui ont notamment associé l’IRGC à des violations des droits humains graves et à des activités militaires exportées.
En réponse à cette initiative européenne, Téhéran a rapidement convoqué les ambassadeurs des États membres de l’UE, qualifiant ce geste de protestation de « mesure minimale » avant d’autres actions réciproques potentielles. L’Union européenne rejette fermement la catégorisation iranienne, jugeant la démarche sans fondement juridique ou factuel et rappelant que le bloc n’a pas désigné les armées européennes comme terroristes. En pratique, un classement comme « groupes terroristes » permet d’attaquer le volet financier de l’organisation iranienne. Le but de la manœuvre : la priver de financement en provenance de l’Europe pour compliquer son fonctionnement interne.
Pendant ce temps, plusieurs capitales européennes, notamment Berlin, ont condamné la décision de Téhéran. Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul l’a qualifiée de « propagandiste » et « infondée », tout en réaffirmant le soutien de la coalition européenne à la décision d’inscrire l’IRGC sur la liste des organisations terroristes.
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