Abandonnés en pleine mer : comment les flottes fantômes ont sacrifié 6 000 marins en 2025

En 2025, plus de 6 000 marins ont vécu l’épreuve de l’abandon, un chiffre en hausse de 32 % par rapport à l’année précédente. Cette crise pèse lourd sur l’industrie maritime et appelle à des mesures rapides pour améliorer la sécurité maritime. Les situations désespérées vécues par ces travailleurs, qualifiées de « pratique honteuse » par Stephen Cotton, Secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), montrent les difficultés de régulation du secteur. Malgré tout, des récupérations de salaires ont été effectuées : 15,18 millions d’euros ont été récupérés sur un total de 23,74 millions d’euros dus. Mais ces actions restent loin d’être suffisantes face à l’ampleur des abandons.

Des chiffres qui font froid dans le dos en 2025

Selon Euronews, en 2025, on a compté 337 navires abandonnés, même si certains rapports évoquent 410 navires impliqués. Le nombre d’abandons a augmenté de 31 % par rapport à 2024, ce qui marque la sixième année consécutive d’augmentation et la quatrième année de record pour le nombre total de marins laissés sans ressources. Les tendances suggèrent déjà que 2026 dépassera les 6 000 cas d’abandon.

Les marins n’ont pas été touchés de la même façon selon leur nationalité : les Indiens sont les plus nombreux avec plus de 1 125 marins abandonnés, suivis des Philippins (539), des Syriens (309), des Indonésiens (274) et des Ukrainiens (248). Le Moyen-Orient a enregistré le plus grand nombre d’incidents, puis vient l’Europe. Par pays, la Turquie et les Émirats arabes unis dominent le classement avec respectivement 61 et 54 navires abandonnés.

Un facteur majeur qui alimente cette crise est la montée des flotte fantôme opérant hors des règles internationales, souvent immatriculées sous des pavillons de complaisance (pays d’enregistrement offrant peu de contrôles). Parmi les 337 navires abandonnés, 82 % étaient enregistrés sous ces pavillons, ce qui illustre à quel point ce mode de fonctionnement échappe au contrôle. La ITF, active contre ces pratiques depuis plus de 75 ans, estime qu’environ 30 % de la flotte marchande mondiale (près de 100 000 navires) navigue sous ces pavillons.

Ces navires, souvent gérés via des structures de propriété opaques et dotés d’une assurance insuffisante, multiplient les risques environnementaux pour les marins. Des organisations comme l’Organisation internationale du Travail (OIT) et la International Maritime Organization (IMO) sont sollicitées pour aider à trouver des solutions et lutter contre ce phénomène.

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