Entre le 24 et le 26 février 2026, 38 avions de combat américains F-15, F-22 et F-35 ont transité par la base britannique de RAF Lakenheath avant de poursuivre vers le Moyen-Orient. Ce passage n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans un mouvement plus large, documenté par le suivi de vol, les observations au sol et l’analyse d’images satellites commerciales.
Au-delà de ce point d’appui européen, des flux convergents ont été identifiés depuis des bases situées aux États-Unis et en Europe. Chasseurs, ravitailleurs et avions cargo ont été repérés sur des trajectoires orientées vers la zone de responsabilité du commandement central américain. L’ensemble suggère une montée en puissance méthodique, appuyée sur une logistique conséquente.
F-15 et F-35 : la mécanique du transit transatlantique
Le groupe passé par Lakenheath se compose de 14 F-15E, 12 F-35A et 12 F-22, soit 38 appareils sur trois jours. Cette répartition illustre un choix équilibré. Le F-15E représente la capacité de frappe lourde et endurante. Le F-35A apporte la furtivité multirôle et la fusion de données. Le F-22 assure la supériorité aérienne dans les environnements contestés.
Le 26 février 2026, douze F-35A en provenance de Hill Air Force Base, dans l’Utah, ont été identifiés à Lakenheath grâce aux données de suivi et aux communications radio. Le même jour, une douzaine de F-15E partis de Seymour-Johnson Air Force Base, en Caroline du Nord, ont rejoint la base britannique. La séquence met en évidence un schéma classique de projection : traversée de l’Atlantique avec appui ravitailleur, halte technique européenne, puis redéploiement vers la zone d’opérations.
Ce transit ne constitue toutefois qu’un segment d’un dispositif plus vaste. Des analystes spécialisés dans le suivi open source ont recensé plus de 100 chasseurs – F-35, F-22, F-15 et F-16 – en route vers le Moyen-Orient sur la même période. À ces appareils s’ajoutent plus de 100 avions ravitailleurs et plus de 200 avions cargo repérés à la mi-février sur des axes comparables. Ce volume logistique donne la mesure de l’effort : la puissance aérienne ne se résume pas aux chasseurs, elle repose sur la capacité à les alimenter en carburant, en munitions, en pièces détachées et en personnels.
F-22 en Israël : supériorité aérienne avancée
Outre les F-15, Une partie des F-22 engagés dans le mouvement a été redéployée vers une base aérienne dans le sud d’Israël. Douze appareils sont mentionnés dans le transfert initial. Des images satellites commerciales montrent 11 F-22 stationnés sur la base d’Ovda, ce qui laisse penser qu’un avion n’a pas rejoint la formation finale.
Les données de suivi indiquent en effet qu’un des F-22 ayant quitté Lakenheath a fait demi-tour, apparemment pour un problème de maintenance. Cet épisode souligne une réalité opérationnelle incontournable : la projection rapide d’appareils furtifs de cinquième génération suppose un soutien technique exigeant. Les F-22, conçus pour dominer l’espace aérien face à des adversaires dotés de défenses avancées, offrent des performances exceptionnelles, mais leur disponibilité dépend d’une chaîne de maintenance rigoureuse.
Le choix d’implanter des F-22 en Israël revêt une dimension capacitaire claire. Leur mission première consiste à sécuriser l’espace aérien, à détecter et neutraliser les menaces potentielles, et à ouvrir la voie à d’autres plateformes. Dans un dispositif combiné, ils agissent comme une garantie de supériorité initiale, réduisant l’exposition des avions moins furtifs.
F-15, F-22, F-35 : complémentarité et profondeur
La combinaison observée ne doit rien au hasard. Le F-15E, appareil de quatrième génération modernisé, demeure l’un des vecteurs de frappe les plus robustes de l’arsenal américain. Sa capacité d’emport élevée et son rayon d’action, renforcé par le ravitaillement en vol, en font un outil adapté aux missions prolongées et aux frappes de précision.
Le F-35A, plus récent, joue un rôle pivot. Sa furtivité lui permet d’évoluer dans des environnements densément surveillés. Surtout, ses capteurs et ses capacités de fusion de données en font un centre nerveux volant. Il collecte, traite et partage l’information tactique avec les autres appareils et avec les systèmes au sol. Dans une opération combinée, il contribue autant à la connaissance de la situation qu’à l’action offensive.
Le F-22, enfin, reste l’outil privilégié pour la domination aérienne. Rapide, furtif, doté d’une capacité d’engagement au-delà de la portée visuelle, il constitue une assurance face à des forces aériennes adverses crédibles. Sa présence modifie l’équation pour tout acteur qui envisagerait une contestation du ciel.
Ce trio fonctionne d’autant mieux qu’il s’appuie sur un réseau dense de ravitailleurs et d’avions cargo. Les plus de 100 appareils de ravitaillement identifiés sur les routes vers la région permettent d’allonger les patrouilles et d’assurer la continuité des missions. Les plus de 200 cargos repérés traduisent, quant à eux, l’acheminement massif de matériels et de soutiens humains indispensables au maintien en condition opérationnelle.
Une montée en puissance graduée
L’ensemble des données ouvertes converge vers une conclusion opérationnelle : la projection ne relève pas d’un geste ponctuel, mais d’une montée en puissance graduée. Les flux ont été observés sur plusieurs jours, avec des relais successifs et des points d’appui intermédiaires. Les chiffres relatifs aux chasseurs s’insèrent dans un ensemble plus vaste dépassant les 300 aéronefs déployés dans la zone du commandement central américain, selon des estimations issues de compilations open source.
Cette architecture traduit une capacité à agir rapidement tout en conservant des marges d’adaptation. Le déploiement de F-15, F-22 et F-35, appuyé par une logistique importante, offre une palette d’options étendue : missions de dissuasion, démonstrations de présence, frappes ciblées ou contrôle renforcé de l’espace aérien.
En définitive, l’arrivée coordonnée de ces appareils fin février 2026 ne se résume pas à un simple transit. Elle révèle une organisation méthodique de la puissance aérienne, articulée autour de plateformes complémentaires et soutenue par une profondeur logistique significative.
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