À bord du B-2 Spirit, comment les pilotes dorment pendant des missions de plus de 40 heures

Le mythique B-2 Spirit de Northrop Grumman, en service auprès de la United States Air Force, a récemment été au cœur d’une des opérations les plus intenses de l’histoire militaire moderne. Il participe souvent à des missions très longues, dépassant les 40 heures, comme lors de l’opération « Midnight Hammer », ce qui illustre l’énorme effort physique et mental demandé aux équipages. Mais qu’est-ce qui rend cet appareil et ces missions si particuliers ?

Le B-2, un bijou technologique

Le B-2 Spirit Bomber se reconnaît à sa configuration d’aile volante, qui lui donne des qualités furtives marquées depuis sa présentation en 1988 et son premier vol en 1989. La flotte actuelle compte 18 appareils. Cet avion multi-rôle peut transporter différents armements, dont les bombes gravitationnelles B61 et B83, et ses soutes internes permettent de dissimuler la charge pour préserver son profil furtif.

Son arsenal comprend la puissante GBU-57 Massive Ordnance Penetrator (MOP), une bombe capable de pénétrer des dizaines de mètres sous la surface. À l’intérieur, le B-2 regroupe des innovations technologiques, avec notamment le radar AN/APQ-181 en architecture AESA (radar à balayage électronique actif) et un système de commande avancé qui réduit la charge cognitive des pilotes.

À bord : tenir la distance

L’aménagement du B-2 est pensé pour des missions de longue durée. Le cockpit bulbeux offre suffisamment d’espace pour que les pilotes puissent se tenir debout et même se reposer sur une couchette située derrière les sièges éjectables. La gestion des ressources, ou CRM, est indispensable quand chaque membre d’équipage (deux pilotes sont nécessaires pour ce type de mission) doit coopérer étroitement pour lutter contre la fatigue.

Des siestes planifiées de 2 à 3 heures et une rotation des activités permettent d’équilibrer vigilance et repos, explique BFMTV. L’utilisation de go pills (amphétamines) est, dans certains cas, prescrite pour maintenir l’éveil. Mais le sommeil peut être perturbé par le bruit constant des moteurs et par une trajectoire de vol qui suit le soleil.

Pour répondre aux besoins physiologiques, des équipements spécifiques sont prévus : toilettes chimiques intégrées à bord et un micro-ondes miniature pour préparer des repas simples et facilement digestibles.

Une mission qui ne laisse pas de répit

La mission « Midnight Hammer » a mobilisé 7 bombardiers B-2, accompagnés de ravitailleurs et de leurres, pour frapper trois sites iraniens stratégiques. Plus de 125 appareils ont pris part à ce raid, montrant la complexité logistique d’une telle opération, qualifiée de « prouesse humaine » par l’ex-pilote Melvin G. Deaile.

Certains équipages, prévenus au dernier moment, ont dû affronter 37 heures de défis techniques et émotionnels, où chaque minute compte. L’alliance entre technologies avancées et organisation des équipages a permis un succès remarqué, suscitant l’admiration de vétérans comme Deaile, qui rappelait sa propre mission de 44 heures en 2001 au-dessus de l’Afghanistan.

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre Newsletter gratuite pour des articles captivants, du contenu exclusif et les dernières actualités.