Artillerie : la Corée se positionne pour fournir des K9 à l’Espagne

L’Espagne cherche à moderniser son armée, et notamment son artillerie. Face à cette demande, la Corée du Sud se positionne pour fournir son modèle K9. Le contrat dépasse les 4 milliards d’euros.

L’Espagne bientôt équipée de K9 ?

Début janvier 2026, le ministère espagnol de la Défense a confirmé l’avancée de son vaste programme de modernisation de l’artillerie, évalué à 4,516 milliards d’euros, dans lequel le K9 sud-coréen occupe désormais une place centrale. Ainsi, Hanwha Defense, groupe phare de la Corée du Sud, prépare une proposition détaillée pour équiper l’armée de Terre espagnole, alors que Madrid cherche à remplacer des systèmes vieillissants tout en renforçant son autonomie industrielle et sa compatibilité avec les standards de l’OTAN.

Le programme espagnol de modernisation de l’artillerie constitue l’un des investissements militaires les plus importants de la décennie, et le K9 s’y positionne comme une solution clé. En effet, selon Army Recognition, Hanwha Defense prépare « une double offre de son obusier automoteur de 155 mm K9, en versions chenillée et à roues, pour le programme espagnol de modernisation de l’artillerie de 4,516 milliards d’euros ». Ce projet prévoit ainsi l’acquisition de 214 obusiers automoteurs, dont 128 chenillés et 86 à roues, afin de renouveler en profondeur les capacités de feu indirect de l’Espagne, tout en assurant une meilleure mobilité tactique.

Par ailleurs, le K9 est appelé à remplacer plusieurs systèmes devenus obsolètes, notamment les M109A5, des obusiers tractés de 155 mm produits localement, ainsi que les L118 britanniques encore en service. Au-delà du simple renouvellement, l’armée espagnole vise cependant une transformation numérique complète de son artillerie, intégrant des systèmes de commandement avancés et des capacités de tir coordonnées.

K9 : performances techniques et exigences opérationnelles de Madrid

Sur le plan technique, le K9 répond précisément aux exigences fixées par Madrid pour son artillerie de nouvelle génération. Le ministère espagnol de la Défense impose notamment une portée minimale de 40 kilomètres, une compatibilité avec des munitions guidées de prochaine génération et une intégration numérique complète avec les systèmes de commandement nationaux et alliés.
D’un point de vue industriel, le K9 se distingue également par des caractéristiques éprouvées sur le terrain. Propulsé par un moteur diesel de 1 000 chevaux, l’obusier sud-coréen peut atteindre une vitesse maximale d’environ 67 km/h et délivrer une cadence de tir de six à huit coups par minute.

En outre, sa portée peut atteindre entre 40 et plus de 50 kilomètres selon les munitions utilisées, ce qui renforce sa crédibilité face aux menaces contemporaines. Ces performances font du K9 l’un des obusiers automoteurs de 155 mm les plus exportés au monde, déjà sélectionné par au moins neuf pays membres de l’OTAN.

Malgré ses atouts techniques, le K9 fait face à une concurrence européenne structurée, ce qui confère au programme espagnol une dimension industrielle et politique majeure. General Dynamics European Land Systems et KNDS proposent ainsi des solutions concurrentes basées sur les plateformes Nemesis et PIRANHA AAC 10×10, intégrant la tourelle AGM. Toutefois, l’offre sud-coréenne autour du K9 se distingue par son retour d’expérience opérationnel et par sa capacité à s’adapter aux besoins spécifiques de l’Espagne, notamment en matière de transfert de technologie et de participation industrielle locale. Reste à voir quel sera le choix de Madrid.

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