Face à l’explosion des drones dans les combats modernes, le Royaume-Uni et l’Estonie viennent de signer un partenariat commun. Il doit leur permettre de mettre au point un nouveau système maritime de défense aérienne anti-drones, à faible coût.
Un nouveau système de défense anti-drones ?
Face à la montée des attaques menées par des drones unidirectionnels, la signature d’un accord entre la société britannique Babcock et l’estonienne Frankenburg Technologies illustre une réponse industrielle concertée pour renforcer la défense aérienne anti-drones en milieu maritime. Ce partenariat vise à combiner expertise navale et innovation technologique pour relever un défi opérationnel devenu central dans les conflits contemporains.
La prolifération rapide des drones transforme le paysage des menaces en mer. Ces engins, souvent de faible coût et difficiles à détecter, exposent les navires et les plateformes côtières à des attaques asymétriques imprévisibles. C’est précisément pour répondre à cette évolution que Babcock, spécialiste britannique des systèmes de lancement maritime, s’est rapproché de Frankenburg Technologies, une jeune entreprise estonienne focalisée sur les missiles légers pour la défense contre les systèmes aériens non habités.
Dans le cadre de ce partenariat, les deux entités ont défini comme priorité le développement d’un système de défense aérienne anti-drones innovant et rentable, conçu spécifiquement pour le domaine maritime. Il s’appuie sur un système de lancement containerisé, qui peut être installé rapidement sur une variété de navires ou d’infrastructures côtières, évitant ainsi des modifications majeures des plateformes existantes et réduisant le délai d’intégration.
Selon les termes de l’accord, Babcock prendra en charge le développement de la plateforme de lancement, tandis que Frankenburg fournira ses missiles à faible coût, fabriqués rapidement, optimisés pour neutraliser efficacement les drones hostiles.
Objectifs techniques et industriels du système de défense aérienne anti-drones
Au cœur de cette coopération se trouvent deux éléments clés : d’un côté, une plateforme de lancement containerisée destinée au domaine maritime ; de l’autre, des missiles anti-drones à bas coût conçus pour être produits en série. Les missiles développés par Frankenburg sont fabriqués à un rythme soutenu et destinés à offrir une solution abordable face à des drones bon marché, souvent utilisés en grand nombre par des forces adverses.
Cette approche répond à un besoin stratégique : réduire le coût unitaire des engagements contre des cibles multiples tout en augmentant le volume d’effets disponibles. En effet, les systèmes traditionnels de défense aérienne sont souvent conçus pour contrer des menaces hautement technologiques à coûts élevés ; ils ne sont pas optimisés pour affronter des vagues de drones à bas prix en grand nombre. Avec des missiles légers dédiés, ce système de défense aérienne anti-drones maritime cherche à inverser l’équation coût-efficacité, souvent défavorable pour les défenseurs.
D’un point de vue industriel, la coopération prévoit aussi de renforcer les capacités souveraines au sein de l’industrie européenne de défense. L’ingénierie menée depuis le Royaume-Uni doit non seulement créer des emplois qualifiés, mais aussi assurer que cette solution soit exportable à l’échelle mondiale, répondant aux besoins des marines qui font face à des menaces similaires dans diverses régions.
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