Catégorie : Comment

  • Scania France s’apprête à lancer la production de 50 véhicules antiaériens « Vampire » pour l’armée de Terre

    En décembre 2024, la Structure Intégrée du Maintien en condition opérationnelle des Matériels Terrestres [SIMMT] avait évoqué un projet consistant à remplacer les camions TRM 2000 et les Véhicules de liaison de reconnaissance et d’appui [VLRA] du 54e Régiment d’Artillerie, unité référente de l’armée de Terre en matière de défense sol-air, par de nouveaux véhicules…

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  • La participation de la France à la phase 2 du projet de corvette européenne n’est pas encore assurée

    Lancé à l’initiative de l’Italie, avec la France et la Grèce pour principaux partenaires, puis rejoint par l’Espagne et la Roumanie, le projet « European Patrol Corvette » [EPC] fut retenu en 2019 par la Commission européenne pour bénéficier d’un financement du Fonds européen de défense [FEDef] au titre de la coopération structurée permanente [CSP ou PESCO]….

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  • Roosevelt Roads : le retour stratégique d’une base américaine dans les Caraïbes

    Roosevelt Roads : le retour stratégique d’une base américaine dans les Caraïbes

    Depuis la mi-septembre 2025, les travaux de réhabilitation observés sur la base de Roosevelt Roads témoignent d’un changement de posture des États-Unis dans leur approche régionale. Longtemps laissée à l’abandon après sa fermeture en 2004, cette ancienne infrastructure de la marine américaine est aujourd’hui au cœur d’un projet de réactivation stratégique. Située sur la côte orientale de Porto Rico, à proximité du Venezuela, elle redevient une pièce maîtresse du dispositif américain dans les Amériques.

    Une remise en état à forte portée opérationnelle

    Les travaux engagés à Roosevelt Roads s’étendent bien au-delà d’un simple entretien de surface. Les voies de roulage et les pistes d’aviation, longues de plus de 3 000 mètres, ont été dégagées et repavées, confirmant la volonté de restaurer une capacité d’accueil pour des aéronefs lourds. Les hangars désaffectés ont également été réaménagés, tandis que le contrôle aérien local a été remis en service. Ces éléments concordent pour indiquer que la base, autrefois déclassée, retrouve un rôle actif dans la planification militaire américaine.

    Le site dispose d’atouts structurels considérables. Son port en eaux profondes permet d’accueillir aussi bien des navires de surface que des sous-marins, et ses vastes terrains facilitent le stockage de matériel et la projection de troupes. Sa réactivation offre ainsi à Washington une plateforme logistique d’envergure, utilisable aussi bien pour des opérations aériennes que navales, sans nécessiter la construction d’une nouvelle base. Ce pragmatisme opérationnel illustre la logique de « réemploi stratégique » mise en œuvre par le Pentagone pour renforcer la présence américaine dans des zones sensibles.

    Un positionnement géographique qui confère une profondeur régionale

    La localisation de Roosevelt Roads confère aux États-Unis un avantage géostratégique majeur. À seulement 800 kilomètres du littoral vénézuélien, elle offre un rayon d’action direct sur le nord de l’Amérique du Sud, tout en maintenant un lien logistique rapide avec le continent nord-américain. Cette position centrale dans les Caraïbes permet une couverture simultanée des axes maritimes reliant la Floride, les Petites Antilles et les côtes vénézuéliennes.

    Les analystes militaires considèrent que cette relance de Roosevelt Roads s’inscrit dans une logique de dissuasion régionale. Les États-Unis font face à la montée de nouvelles influences dans la zone, notamment chinoises et russes, et cherchent à rappeler leur rôle de garant sécuritaire. Officiellement, Washington présente cette opération comme une mesure de renforcement de la coopération antidrogue et de soutien aux autorités locales.

    Une infrastructure historique réinvestie dans un contexte de tension

    Construite pendant la Seconde Guerre mondiale à l’initiative de Franklin D. Roosevelt, la base Roosevelt Roads avait été un pilier de la présence américaine dans les Caraïbes. Son rôle fut central durant la Guerre froide, notamment pour des opérations en Haïti, au Panama et à Grenade. Lors de sa fermeture en 2004, elle comptait plus de 1 200 militaires et représentait un budget annuel de près de 300 millions de dollars. Son abandon avait profondément marqué l’économie locale et laissé de vastes friches industrielles dans la région de Ceiba.

    La remise en activité de Roosevelt Roads vient donc combler un vide laissé depuis plus de vingt ans. En réinvestissant ce site, les États-Unis retrouvent un point d’appui logistique proche des zones de tension. Ce retour s’inscrit dans une stratégie de repositionnement plus large, marquée par le renforcement des moyens militaires dans la zone caraïbe et par un regain de présence diplomatique à l’égard des États d’Amérique latine. Cette combinaison d’actions confirme la volonté de Washington de regagner en influence et en réactivité dans une région où son poids s’était érodé.

    Un équilibre délicat entre sécurité et politique régionale

    Sur le plan politique, cette réactivation de Roosevelt Roads suscite des réactions contrastées. Pour Porto Rico, elle représente à la fois une opportunité économique et une source de tension. Les autorités locales espèrent un afflux d’emplois et de contrats, mais certaines voix s’inquiètent du retour d’une dépendance militaire et des impacts environnementaux. Dans la région, plusieurs pays ont dénoncé une militarisation croissante des Caraïbes. La Russie a même qualifié la décision américaine d’« usage excessif de la force », tandis que Caracas y voit un signe de pression directe sur le régime de Nicolás Maduro.

    Les États-Unis, de leur côté, insistent sur le caractère temporaire de la réactivation et sur sa finalité logistique. Cependant, l’absence d’annonce officielle quant à une limitation de durée entretient le flou sur les intentions réelles du Pentagone. En tout état de cause, Roosevelt Roads redevient un acteur géographique et symbolique central du dispositif militaire américain. Sa renaissance marque un tournant dans la manière dont Washington entend aborder les défis de sécurité et de stabilité en Amérique latine.

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  • État islamique : le cimentier Lafarge devant la justice

    État islamique : le cimentier Lafarge devant la justice

    Le cimentier Lafarge est devant les tribunaux à partir de ce mardi 4 novembre 2025. Le groupe est accusé d’avoir participé au financement de l’État islamique en Syrie. Lafarge conteste les faits.

    Le cimentier Lafarge devant les tribunaux

    Le groupe français Lafarge SA est officiellement jugé à Paris à partir du 4 novembre 2025, pour des accusations graves : avoir, via sa filiale syrienne, effectué des paiements de plusieurs millions d’euros à des groupes djihadistes comme l’État islamique afin de maintenir son usine de ciment en activité dans le nord-est de la Syrie lors du califat. L’enjeu est clair : le cimentier est accusé de « financement du terrorisme » en Syrie au profit de Daech et d’autres groupes armés. Alors que la guerre civile syrienne faisait rage, l’usine du groupe poursuivait son activité et se serait engagée dans des paiements controversés.

    L’affaire remonte à l’usine de Lafarge Cement Syria (LCS), implantée à Jalabiya, dans le nord-est de la Syrie. Le cimentier français avait acquis le site à travers le rachat d’une société égyptienne en 2007. L’usine a été inaugurée en 2010 alors que le pays entrait dans la tourmente de la guerre civile ; l’entreprise a cependant choisi de poursuivre son activité malgré la fermeture de nombreux sites industriels. La région était alors contrôlée ou traversée par des groupes armés, dont l’État islamique, ce qui a placé l’usine, et ses salariés, dans une situation extrêmement dangereuse.

    Les accusations portées contre Lafarge

    L’un des faits centraux est le versement par Lafarge, entre 2013 et 2014, d’un montant estimé à 5 millions d’euros à des groupes terroristes pour assurer la circulation des matières premières et des camions, ou pour acheter des matériaux dans des zones sous contrôle djihadiste. L’accusation souligne « une logique de profit » de la part du cimentier, et non simplement une extorsion ou une situation de force majeure. Le groupe est poursuivi pour deux chefs principaux : « financement d’entreprises terroristes » et « non-respect des sanctions financières internationales ». Huit anciens dirigeants, cadres intermédiaires ou employés syriens sont également renvoyés devant la justice, aux côtés de la personne morale Lafarge.

    Ce procès est inédit en France car il met en cause une entreprise en tant que personne morale pour financement du terrorisme dans un conflit international. En parallèle, une action aux États-Unis avait déjà abouti en 2022 à un accord dans lequel Lafarge avait reconnu que sa filiale syrienne avait versé des fonds à des groupes terroristes, et avait accepté une amende de 778 millions de dollars. Les peines encourues en France sont moindres que celles des États-Unis, mais symboliques : jusqu’à 10 ans de prison pour les personnes physiques et des amendes pour la société.

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