Catégorie : Comment

  • Cloudflare bloque une attaque DDoS record à 22,2 Tbps, un nouveau seuil franchi

    Cloudflare bloque une attaque DDoS record à 22,2 Tbps, un nouveau seuil franchi

    Le 24 septembre 2025, Cloudflare déclare avoir neutralisé une attaque DDoS d’une ampleur inédite, culminant à 22,2 térabits par seconde, un nouveau sommet dans l’arsenal des assaillants. Cette annonce marque une nouvelle escalade dans la guerre silencieuse entre opérateurs et cybercriminels.

    Un nouveau record, doublant le précédent pic

    Cloudflare affirme avoir stoppé une attaque DDoS atteignant 22,2 Tbps et 10,6 milliards de paquets par seconde, détectée et atténuée automatiquement, peut-on lire sur Clubic. L’assaut n’a duré que 40 secondes, mais cela lui a suffi pour dépasser largement le record antérieur de 11,5 Tbps intervenu quelques semaines plus tôt. Cette attaque double le niveau maximal jusqu’alors observé, un bond spectaculaire dans l’intensité des campagnes de DDoS.

    La dimension de cette attaque est si exceptionnelle qu’elle questionne directement les capacités de défense actuelles : face à des débits aussi massifs, les équipements classiques saturent bien avant, sauf à disposer d’infrastructures distribuées de très grande ampleur.

    Comment Cloudflare y est parvenu, ou du moins ce que l’on sait

    Selon les déclarations publiques, les systèmes de Cloudflare ont détecté l’attaque et l’ont atténuée sans intervention humaine, en mode autonome. L’attaque visait un seul point d’adresse IP d’un opérateur d’infrastructure européen non dévoilé. Les sources du trafic ont été attribuées à plus de 404 000 adresses IP uniques réparties sur 14 systèmes autonomes (AS), sans usage de spoofing selon l’analyse interne déclarée. Cloudflare indique que le schéma d’attaque a été un « UDP carpet bomb », visant à saturer simultanément des milliers de ports (avec un pic avoisinant 47 000 ports).

    Le botnet AISURU est cité comme suspect potentiel, déjà mis en cause dans des attaques précédentes (dont celle à 11,5 Tbps). Pour autant, Cloudflare n’a pas confirmé officiellement une attribution définitive à ce botnet pour l’attaque à 22,2 Tbps. La technique « hit-and-run » (attaque très intense mais ultra-courte) semble avoir été utilisée ici : l’attaque est déclenchée brièvement, avant que les défenses manuelles ou humaines ne puissent réagir. Ce mode opératoire augmente la pression sur les systèmes de détection et exigence d’automatisation complète, car chaque seconde perdue est un avantage pour l’attaquant.

    De l’exception au nouveau standard ?

    Ce saut de capacité (22,2 Tbps vs 11,5 Tbps quelques semaines plus tôt) reflète une progression fulgurante dans les capacités d’attaque. En 2025 déjà, Cloudflare indique avoir bloqué plus de 700 attaques dépassant le térabit par seconde ou le milliard de paquets par seconde, soit une moyenne d’environ huit par jour. Ces chiffres montrent que les assauts hyper-volumétriques deviennent fréquents, ce qui transforme peu à peu l’exception en norme pour les grandes infrastructures.

    Pour donner un contexte, le trafic sortant cumulé des quatre principaux fournisseurs d’accès français fin 2024 s’élevait à 5,1 Tbps, soit moins d’un quart de ce que subit un tel assaut. Cela confronte directement les opérateurs plus modestes aux limites de leur résilience : seuls des architectures globales, massivement supportées par l’automatisation peuvent contenir ce type de vague.

    Ainsi, l’annonce de Cloudflare ne célèbre pas seulement une victoire technque : elle indique aussi que la menace DDoS poursuit une trajectoire exponentielle, et que seuls les défenseurs les plus ambitieux tiendront la cadence.

     

     

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  • Selon Dassault Aviation, Taïwan voudrait acquérir des Rafale pour remplacer ses Mirage 2000

    L’Inde, le Qatar, l’Égypte, la Grèce et les Émirats arabes unis ont en commun le fait d’avoir l’intention de remplacer les Mirage 2000 mis en œuvre par leurs forces aériennes respectives par des Rafale. C’est en effet ce qu’a rappelé Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 24…

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  • Rafale, Scorpènes, FDI, … des succès export qui vont bien au-delà des plateformes

    Rafale, Scorpènes, FDI, … des succès export qui vont bien au-delà des plateformes

    L’Inde a manifesté récemment son intérêt pour l’acquisition de 114 Rafale supplémentaires. La nouvelle tombe à pic pour en finir avec les rumeurs sur une supposée contre-performance de l’avion phare de Dassault lors de l’opération Sindoor. Cette nouvelle attestation « combat proven » est au contraire un marqueur supplémentaire de l’excellence française des vecteurs et des systèmes d’arme qu’ils emportent.

    En dépit de la perte d’un Rafale lors de l’opération Sindoor, en mai dernier, l’Indian Air Force (AIF) a reconnu son « entière satisfaction quant aux performances des avions de combat Rafale et des missiles SCALP », comme le rapporte l’Indian Defence Research Wing. De fait, ce revers s’explique par les consignes extrêmement restrictives de l’état-major indien, imposant à ses pilotes d’agir « selon des règles d’engagement strictes interdisant de lancer des attaques contre des avions pakistanais ou de neutraliser préventivement les systèmes de défense aérienne ». New Delhi reconnaît donc que la fiabilité de l’avion Dassault n’est pas en cause. Mieux : le gouvernement indien prévoit d’acquérir 114 appareils supplémentaires ! « Le Rafale est admiré aujourd’hui pour sa réussite, mais aussi parce que cet avion sait pratiquement tout faire, quand d’autres – notamment les Américains – produisent des avions spécialisés », souligne Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation. Car cet avion n’est pas seulement un chasseur performant, c’est une plateforme multi-rôle, capable d’assurer des missions aussi diverses que la supériorité aérienne, les frappes de précision, l’appui au sol et la dissuasion nucléaire. Polyvalence, endurance, supériorité technique : des qualités qui en font aussi le fleuron de la stratégie française en matière d’exportation d’armement.

    L’avion du futur

    Équipé de missiles Meteor pour le combat air-air à longue portée, d’AASM Hammer pour les frappes guidées de précision, de Scalp pour la pénétration en profondeur et d’Exocet antinavire, le Rafale fait aussi la différence par sa capacité de charge pouvant emporter jusqu’à 9,5 tonnes. Son standard F4, en cours de déploiement, renforce sa connectivité et son intégration dans un combat collaboratif en réseau ; le F5 prévoit une optimisation encore plus poussée de la fusion de données et de la compatibilité avec les drones de nouvelle génération… Des projets qui laissent déjà entrevoir un futur standard F6 du fameux avion de chasse !

    L’avenir est également en gestation avec le Système de combat aérien du futur (SCAF), programme franco-germano-espagnol prévu à l’horizon 2040. Ce projet ne se limite pas à un avion : il inclura un chasseur de sixième génération et une nuée de drones dits « remote carriers », capables de saturer les défenses adverses, d’élargir le spectre de détection et de multiplier les angles d’attaque.

    Les munitions elles-mêmes évolueront pour s’adapter aux contraintes de furtivité, certaines devront être emportées dans des soutes internes, d’autres resteront fixées en externe pour maximiser la charge. Et tandis qu’un successeur du Meteor est déjà à l’étude, les industriels planchent sur la capacité de frappe de demain, notamment avec le Stratus, un projet franco-britannique élevé au rang de priorité par le récent traité de Lancaster House 2.0. Tirée demain par le Typhoon ou le Rafale en leur ultime standard, ou par leur successeur, la combinaison de deux types de missiles donnera aux armées détentrices la capacité de pénétrer les défenses les plus complexes dans la prochaine décennie.

    Une offre globale, calibrée pour la haute intensité

    Vendre un Rafale, ce n’est donc pas seulement vendre un avion. C’est proposer à l’acheteur une architecture complète, où la cellule, les radars, les communications et les munitions dialoguent en permanence. Une approche « système » qui fait la différence sur un marché saturé par les promesses technologiques des concurrents. C’est cette logique du « strategic selling point » (un produit français ne se vend jamais seul), assortie de transferts technologiques, qui a permis à la France de supplanter la Russie pour s’imposer comme le deuxième exportateur mondial d’armements. Et ce qui vaut dans les airs est tout aussi efficace dans le domaine de l’armement maritime, où il ne s’agit pas seulement de vendre un sous-marin ou une frégate, mais un système complet où vecteur, capteurs et armements fonctionnent de manière intégrée. Naval Group illustre ici l’efficacité de cette stratégie avec ses sous-marins Scorpène – vendus notamment à l’Inde, au Brésil et au Chili – qui, associant discrétion acoustique et grande polyvalence, sont capables de tirer des missiles Exocet (SM 39 et demain SM 40), des torpilles lourdes, voire des missiles de croisière navals (MdCN), tels que proposés à la Pologne. Leur propulsion anaérobie (AIP – Air Independent Propulsion) leur permet de rester immergés plusieurs semaines, une avancée clé permettant d’approcher l’endurance des propulsions nucléaires.

    L’ensemble des senseurs et des effecteurs de tous les milieux est intégré dans des systèmes de combat qui passent désormais à l’ère numérique, comme c’est le cas pour les frégates de défense et d’intervention (FDI), équipés de datacenters agrégeant toutes les données, redondant pour survivre à des coups au but, et conçus dès l’origine pour faire face au plus haut degré de menace cyber.

    La FDI est l’un des meilleurs exemples de cette offre globale et calibrée pour la haute intensité qui séduit les acheteurs internationaux. Commandée par la Grèce et la France, cette frégate combine la lutte anti-aérienne et anti-sous-marine, grâce également aux derniers sonars Kingklip MK2 et CAPTAS-4 Compact, ainsi que le radar Sea Fire à antennes actives ; optimisant l’emploi des missiles Aster 30, capables de détruire les missiles balistiques comme les opérations en Mer Rouge l’ont montré.

    Les retours d’expérience de la guerre en Ukraine, où les drones de surface ont bouleversé l’équilibre, prouvent aussi l’importance d’intégrer les drones navals dans cette offre globale. Un cap a d’ailleurs été franchi en juillet 2025 : la frégate Floreal, en collaboration avec FLY-R, a lancé un drone OWA (One Way Attack), un vecteur télépiloté déclenché depuis le pont et capable d’exécuter des manœuvres complexes autour d’une cible simulée.

    Des enjeux internationaux, stratégiques et commerciaux

    L’implication internationale dans le conflit russo-ukrainien révèle par ailleurs la dimension européenne de cette stratégie d’armement, où la France joue un rôle moteur au sein du consortium européen MBDA, laboratoire de quelques-uns des missiles les plus performants du marché. Outre le Scalp (Storm Shadow dans sa version britannique) évoqué plus haut, qui a fait ses preuves en Crimée comme au Pakistan, le MdCN, tiré depuis les FREMM ou les SNA Suffren, est « combat proven » depuis 2018 en Syrie. Voulu par la Grèce pour sa 4ème FDI, il offre aux marines clientes, avec une portée supérieure à 1.000 km, une capacité recherchée de dissuasion et de rétorsion. Sa rénovation à mi-vie vise à accroître sa résistance aux contre-mesures et accompagne son adaptation terrestre sous la forme du Land Cruise Missile (LCM), objet de l’intérêt de la France et de la Pologne, également proposé aux partenaires européens dans le cadre de l’initiative ELSA.

    Les succès à l’international de l’offre française d’armement sont d’autant plus importants qu’ils renforcent en retour le marché intérieur : chaque contrat extérieur finance la recherche, alimente les chaînes de production, garantit des économies d’échelle… Ce cercle vertueux repose également sur une diplomatie assumée de l’armement. Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu, à l’instar de leurs prédécesseurs, se muent régulièrement en VRP haut de gamme pour défendre les intérêts de Dassault, Naval Group ou MBDA. Dans un monde où la compétition est féroce, l’engagement direct du politique pèse lourd : il crédibilise l’offre française et l’inscrit dans une relation stratégique de long terme.

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  • Gaza : l’Égypte masse des soldats dans le désert du Sinaï

    Gaza : l’Égypte masse des soldats dans le désert du Sinaï

    L’offensive israélienne à Gaza fait craindre un important exode de la population palestinienne en direction de l’Égypte. En réponse, Le Caire annonce renforcer sa présence militaire dans le désert du Sinaï.

    L’Égypte craint un exode massif des Palestiniens

    Alors que le conflit à Gaza se prolonge, l’Égypte intensifie ses déploiements militaires dans le désert du Sinaï, à la frontière avec Israël et la bande de Gaza, suscitant des accusations de violation du traité de paix de 1979 et une montée des tensions diplomatiques entre Le Caire et Tel-Aviv. L’Égypte a multiplié ses mouvements de troupes et de matériel militaire dans la péninsule du Sinaï, tout en insistant sur l’absence d’intention offensive. Une source égyptienne indique que le pays « considère la paix avec Israël comme un avantage stratégique » et que sa principale crainte est une expulsion forcée des Palestiniens depuis Gaza.

    L’OGI, instance officielle du régime, précise que cette présence « vise à protéger les frontières contre toutes les menaces, notamment le terrorisme et la contrebande », et assure qu’elle s’effectue dans « une coordination préalable et transparente avec les parties signataires du traité de paix », auquel l’Égypte reste attachée.

    Toutefois, selon des rapports israéliens, des installations contredisant les limites du traité de 1979 seraient en cours. Les accusations portent sur des pistes d’aviation capables d’accueillir des chasseurs, des docks élargis et des infrastructures souterraines pouvant servir au stockage d’armes lourdes. Le Premier ministre Netanyahu aurait remis une liste de ces activités à Marco Rubio afin que les États-Unis fassent pression sur Le Caire.

    Israël invoque un dépassement du quota de troupes autorisé par l’accord bilatéral

    Une estimation d’analyse stratégique avance que l’Égypte aurait déjà déployé environ 40 000 soldats dans le Sinaï à la fin du mois d’août, afin de consolider sa présence près de Gaza. Cependant, une source du renseignement régional tempère : les affirmations israéliennes seraient « régulièrement reprises » pour créer de la tension avec Le Caire. Le cœur du différend repose sur le traité de paix de 1979 entre l’Égypte et Israël, encadrant rigoureusement la présence militaire égyptienne dans le Sinaï. Israël réclame que toute augmentation d’effectifs ou d’armement lourd soit approuvée — or, selon les dénonciations, l’Égypte aurait dépassé ces limites.

    De son côté, l’Égypte riposte par la diplomatie. À l’ONU, son ambassadeur Osama Abdel Khalek a averti que les opérations israéliennes à Gaza « menacent une paix qui dure depuis cinq décennies » et pourraient fragiliser le traité bilatéral. Le président al-Sissi a lui-même dénoncé toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens, jugeant que la paix ne saurait être obtenue par « une escalade militaire téméraire ».

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