Catégorie : Comment

  • Le système franco-italien de défense aérienne SAMP/T NG démontre ses capacités avec deux nouveaux tirs réussis

    En octobre 2024, depuis son centre d’essais de Biscarrosse [Landes], la Direction générale de l’armement [DGA] effectua le premier tir de développement du missile intercepteur ASTER 30B1 NT [pour Nouvelles Technologies], pièce maîtresse du système de défense aérienne SAMP/T NG [Sol-Air Moyenne Portée / Terrestre de nouvelle génération]. Puis, durant l’été dernier, à l’occasion d’une…

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  • Sébastien Lecornu face aux vulnérabilités capacitaires des armées françaises

    Sébastien Lecornu face aux vulnérabilités capacitaires des armées françaises

    Le 15 décembre 2025, à l’occasion d’un débat consacré aux crédits de la défense, Sébastien Lecornu a alerté les parlementaires sur l’évolution de la conflictualité et sur les limites actuelles des armées françaises. Son intervention s’inscrit dans une réflexion opérationnelle sur la capacité réelle de la France à affronter un conflit de haute intensité.

    Sébastien Lecornu et le risque d’une défaite par saturation capacitaire

    Lorsque Sébastien Lecornu affirme que la France peut être défaite sans être envahie, il décrit un scénario désormais central dans les doctrines militaires contemporaines. L’enjeu n’est plus uniquement la conquête territoriale, mais l’épuisement progressif des capacités critiques. Cyberattaques, pressions sur les chaînes logistiques, attaques informationnelles et frappes à distance constituent autant de leviers susceptibles de paralyser un appareil militaire sans bataille décisive, selon les propos tenus par le Premier ministre devant le Sénat le 15 décembre 2025.

    Dans cette perspective, Sébastien Lecornu insiste sur la vulnérabilité des fonctions de soutien et de commandement. La dépendance à certaines technologies, l’exposition des réseaux numériques et la fragilité des stocks rendent les forces armées sensibles à des stratégies de saturation. Le Premier ministre a ainsi rappelé que la supériorité militaire ne se mesure plus uniquement en effectifs ou en plateformes, mais dans la capacité à durer sous pression.

    Le large vote sénatorial en faveur des crédits de la défense, avec 307 voix pour, traduit une prise de conscience politique. Toutefois, Sébastien Lecornu a souligné que cet effort financier vise d’abord à contenir une érosion capacitaire déjà engagée. L’augmentation des crédits ne constitue pas une transformation du modèle d’armée, mais une tentative de stabilisation face à des menaces de plus en plus complexes.

    La contrainte critique des stocks de munitions

    Sur le plan strictement opérationnel, la question des munitions est apparue comme le point de fragilité le plus immédiat. Sébastien Lecornu a identifié ce sujet comme la priorité absolue de l’année 2026. « Le premier défi pour l’année 2026 sera incontestablement celui des munitions », a-t-il déclaré lors de la présentation de la stratégie de défense nationale, selon le site du gouvernement le 10 décembre 2025.

    Cette alerte renvoie à une réalité largement observée dans les conflits récents. Les engagements de haute intensité consomment des volumes de munitions sans commune mesure avec les standards des opérations extérieures passées. Or, les stocks français ont été calibrés pour des engagements limités. Sébastien Lecornu a reconnu que cette situation réduit drastiquement la capacité de réaction face à une attaque massive ou prolongée.

    Une commande exceptionnelle de 0,5 milliard d’euros est prévue pour tenter de reconstituer ces stocks. Toutefois, le Premier ministre a souligné que la contrainte n’est pas uniquement financière. Les capacités industrielles nationales et européennes ne permettent pas une montée en cadence rapide. Ce décalage entre besoin opérationnel et capacité de production constitue un facteur de vulnérabilité stratégique à court et moyen terme.

    Sébastien Lecornu et l’arbitrage défavorable à l’innovation militaire

    Au-delà des stocks, Sébastien Lecornu a pointé un déséquilibre structurel dans l’allocation des ressources. Le budget des armées atteindra 57,1 milliards d’euros en 2026 hors pensions, selon le gouvernement. Cependant, une part croissante de ces crédits est absorbée par le maintien en condition opérationnelle des équipements existants. Cette dynamique limite les marges disponibles pour préparer les ruptures technologiques futures.

    Le Premier ministre a reconnu que cet arbitrage pèse directement sur l’innovation militaire. Les programmes de recherche et développement, bien que préservés, progressent moins vite que les besoins identifiés. Les investissements annoncés, notamment 150 millions d’euros pour structurer une filière industrielle de drones, constituent un signal positif, mais restent insuffisants pour combler le retard accumulé face à certaines puissances militaires.

    Sébastien Lecornu a enfin insisté sur la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique nationale. Pour les armées françaises, cet objectif suppose une refonte plus profonde de l’appareil industriel de défense, afin de concilier disponibilité opérationnelle immédiate et préparation des conflits futurs, sans dépendance excessive à des partenaires extérieurs.

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  • L’Office allemand des cartels autorise Rheinmetall et KNDS Deutschland à développer un nouveau char de combat

    Le rapprochement entre Nexter Systems et Krauss-Maffei Wegmann s’est concrétisé par la création d’une holding qui, appelée KNDS, est détenue à parts égales par l’État français et la famille Bode-Wegmann. Cette structure, hybride de son actionnariat, chapeaute KNDS France et KNDS Deutschland. Or, la famille Bode-Wegmann a manifesté l’intention de se désengager de KNDS, en…

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  • KNDS : avant la Bourse, place à la réorganisation

    KNDS : avant la Bourse, place à la réorganisation

    L’entreprise franco-allemande, KNDS, va entrer en Bourse en 2026. Avant cette étape importante, une réorganisation interne vient d’avoir lieu.

    KNDS dispose d’une nouvelle organisation

    Depuis plusieurs mois, KNDS a engagé un mouvement de transformation de sa gouvernance et de ses responsabilités exécutives, signalant une impulsion forte vers la préparation d’une introduction en Bourse. Le nouveau dirigeant de KNDS France, Nicolas Groult, prendra ses fonctions le 5 janvier 2026, succédant à Nicolas Chamussy, lequel dirigeait la branche française spécialisée dans la fabrication notamment des canons CAESAR depuis 2021. Ce changement de direction est présenté comme une étape clé dans la préparation à l’introduction en Bourse et dans l’adaptation du groupe aux nouvelles priorités stratégiques.

    Historiquement, KNDS est issu de la fusion entre le Français Nexter et l’Allemand Krauss-Maffei Wegmann, finalisée en 2015 et organisée en société commune à capital partagé entre l’État français via l’Agence des participations de l’État (50 %) et la famille allemande propriétaire de KMW (50 %). Cette structure binationale, si elle a permis une expansion notable des activités industrielles, introduit également des défis de gouvernance complexes quand il s’agit de décisions d’envergure comme celle d’entrer en Bourse.

    Objectifs financiers et empressement stratégique

    La perspective d’une entrée sur les marchés publics s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la visibilité financière de KNDS, élargir son accès aux capitaux et structurer un modèle plus attractif pour les investisseurs institutionnels européens et internationaux. Sur le plan industriel, KNDS affiche des performances significatives ces dernières années : son chiffre d’affaires est passé de 3,3 milliards d’euros en 2023 à 3,8 milliards d’euros en 2024, avec une croissance anticipée similaire pour 2025. Le carnet de commandes du groupe dépassait 23,5 milliards d’euros à la fin de 2024, illustrant l’ampleur des engagements industriels qu’il porte.

    Ce dynamisme industriel est soutenu par une politique de recrutement active : 40 % des effectifs actuels, soit environ 11 558 salariés, ont été recrutés au cours des trois dernières années, renforçant les capacités de production et de développement. Cet ensemble de chiffres illustre non seulement une croissance robuste mais aussi une préparation structurée à une obligation accrue de transparence et de performance vis-à-vis d’un public d’investisseurs potentiels.

    Par ailleurs, la perspective d’une entrée en Bourse s’inscrit dans un contexte d’intérêt croissant pour les entreprises de défense sur les marchés financiers européens. Certaines valeurs du secteur ont enregistré des progressions notables, portées par des engagements financiers accrus des États européens dans la défense.

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