Charles Michel appelle le président de l’OTAN à arrêter d’être « un agent américain »

La sortie a le mérite d’être claire. Charles Michel, ancien président du Conseil européen, appelle le patron de l’OTAN, Mark Rutte, à arrêter d’« être un agent américain ». Les Européens semblent commencer à perdre patience face aux maigres résultats obtenus par le Néerlandais.

La charge de Charles Michel contre Mark Rutte

La tension monte au sein de l’OTAN. Charles Michel, ancien président du Conseil européen, a publiquement interpellé le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, l’appelant à cesser toute posture assimilée à celle d’un « agent américain ». Cette sortie, lourde de sens stratégique, intervient dans un contexte de crispation transatlantique. Le Belge met en cause un alignement jugé excessif avec les États-Unis. Cette prise de position, formulée lors d’une interview, place l’OTAN au cœur d’un débat stratégique sur son autonomie, sa gouvernance et sa capacité à maintenir l’unité de ses membres face aux pressions américaines.

Charles Michel a choisi des mots particulièrement directs pour évoquer l’attitude du secrétaire général de l’OTAN. Selon lui, Mark Rutte ne doit pas être perçu comme un relais des intérêts américains, mais comme le garant de l’unité de l’OTAN. « Je ne m’attends pas à ce que Mark Rutte soit un agent américain. Je m’attends à ce que Mark travaille pour l’unité au sein de l’OTAN », a déclaré Charles Michel. Cette déclaration vise ainsi à rappeler la nature multilatérale de l’Alliance, fondée sur un équilibre entre les intérêts européens et ceux des États-Unis.

Dans le même temps, Charles Michel a mis en garde contre ce qu’il qualifie de diplomatie « adulatrice » envers Washington. Il a estimé que cette approche, incarnée selon lui par Mark Rutte, ne produirait aucun résultat concret. « La diplomatie adulatrice de Rutte ne fonctionnera pas et pourrait conduire à un échec total. » Ainsi, l’ancien dirigeant européen suggère que l’OTAN risque un affaiblissement politique si elle apparaît trop dépendante de la ligne américaine, notamment sur la question du Groenland.

Mark Rutte, les États-Unis et les équilibres internes de l’OTAN

Depuis sa prise de fonctions, Mark Rutte a défendu une vision de l’OTAN étroitement liée aux États-Unis, soulignant à plusieurs reprises que l’Europe ne disposait pas, à ce stade, des capacités militaires suffisantes pour assurer seule sa défense. Le secrétaire général de l’OTAN a rappelé que « l’Europe ne peut pas se défendre sans les États-Unis », insistant sur la centralité de Washington dans la dissuasion et la planification militaire de l’Alliance. De ce point de vue, Mark Rutte considère que l’OTAN reste avant tout une structure transatlantique, et non exclusivement européenne.

Cependant, cette ligne suscite des critiques croissantes. Charles Michel a notamment évoqué des « intimidations » et des « menaces » exercées par les États-Unis à l’encontre de leurs alliés. Il a cité en exemple les tensions autour du Groenland, territoire stratégique, estimant que ce type de pression fragilise la cohésion de l’OTAN. « Nous faisons face à des intimidations et des menaces. Ce qui se passe avec le Groenland n’est pas acceptable. » Dès lors, il attend de Mark Rutte qu’il adopte une posture plus ferme face à Washington afin de préserver l’équilibre interne de l’OTAN.

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