Le président Emmanuel Macron vient de convoquer un Conseil de défense. Sujet de la réunion : les ingérences étrangères. À l’approche de plusieurs élections, cette question commence à inquiéter l’Élysée.
Un Conseil de défense sur les ingérences étrangères
À l’Élysée, ce Conseil de défense et de sécurité nationale, présidé par Emmanuel Macron, a concentré ses travaux sur les ingérences étrangères, thème au cœur des préoccupations françaises en matière de sécurité nationale et démocratique. Organisée le 28 janvier 2026, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique gouvernementale ciblée sur la résilience de la démocratie française face à des menaces hybrides croissantes.
Depuis la fin de l’année 2024, Paris a fait de la lutte contre les ingérences étrangères une priorité stratégique. Le Conseil de défense et de sécurité nationale réuni autour d’Emmanuel Macron constitue ainsi le deuxième du genre sur cette question depuis fin 2024, signalant une mobilisation renforcée de l’exécutif sur ce dossier crucial. Lors du compte rendu du Conseil des ministres, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, a souligné l’importance de cette réunion comme une démonstration de la mobilisation concrète et opérationnelle de l’État pour répondre aux menaces d’ingérence.
La France a consolidé, depuis plusieurs années, un dispositif institutionnel et technique dédié à cette lutte. Parmi les structures clés figure VIGINUM, le service national chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Ce service surveille, détecte et analyse les vecteurs numériques d’influence étrangère visant à manipuler le débat public ou à perturber les processus démocratiques. Ce renforcement s’inscrit dans une tendance plus large au niveau européen, où les institutions ont adopté des mécanismes pour accroître la résilience du pays face aux ingérences étrangères, notamment par des conclusions visant à protéger les processus électoraux et à développer des cadres coordonnés de réponse.
Une stratégie intégrée de protection démocratique
Le Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron s’inscrit dans la logique d’une stratégie qui ne se limite pas à un seul volet sécuritaire, mais combine des réponses institutionnelles, juridiques et techniques. Sur le plan opérationnel, le SGDSN et les services spécialisés collaborent pour anticiper et contrer les campagnes de désinformation ou de manipulation de l’opinion menées par des acteurs étrangers, qu’ils soient étatiques ou non. Ces ingérences peuvent recourir à des tactiques hybrides complexes, mêlant cyberattaques, exploitation de données et amplification de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux.
Parallèlement, au regard des enjeux législatifs, une proposition de loi portée par la majorité parlementaire envisage l’usage d’outils actuellement mobilisés dans la lutte antiterroriste, tels que le traitement algorithmique automatisé de données, afin d’améliorer l’identification et la neutralisation d’acteurs étrangers cherchant à influencer la vie politique française. Cette approche combine ainsi des mesures préventives, des capacités de détection renforcées et des pistes d’action juridique, dans une perspective stratégique visant à protéger l’intégrité des débats publics et des échéances électorales à venir, notamment les élections municipales de mars 2026 et l’élection présidentielle de 2027.
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