Depuis début janvier 2026, la Corée du Nord multiplie les annonces autour de la montée en cadence industrielle de son nouveau système de missiles antichar guidés, présenté comme un élément clé du renforcement des capacités tactiques de l’armée populaire. La Corée du Nord affirme que ce système doit être livré aux unités de première ligne dans l’année. Cet effort intervient dans un contexte où Pyongyang cherche à moderniser ses moyens de guerre terrestre, tout en renforçant la crédibilité de son arsenal face aux blindés considérés comme parmi les plus protégés au monde.
Un système de missiles antichar pensé pour la guerre moderne
La Corée du Nord insiste fortement sur l’intérêt militaire de ce nouveau système de missiles, destiné à contrer les chars les plus récents, mais aussi les véhicules blindés lourds et moyens que l’on retrouve aujourd’hui sur les théâtres d’opérations modernes. Le missile appartient à la famille Bulsae et bénéficie d’un guidage électro-optique relié par fibre optique, permettant un contrôle précis jusqu’à l’impact. Cela signifie que la Corée du Nord est passée à une génération de missiles antichar capable d’engager des cibles au-delà de la ligne de visée directe, ce qui change profondément la manière dont une bataille terrestre peut se dérouler. La Corée du Nord affirme par ailleurs que ce système doit renforcer la protection des unités face aux blindés adverses grâce à une capacité d’engagement à longue distance. Le 4 janvier 2026, l’agence officielle KCNA a déclaré que les armes seraient livrées « dès le premier semestre de cette année aux unités de tête, avec une augmentation décisive de la production d’environ 2,5 fois pour répondre aux besoins des forces », annonce qui place ce programme au cœur des priorités militaires nationales.
Le système est également pensé pour être opérationnel dans un large éventail de situations tactiques. Les images publiées lors de visites d’usine montrent des missiles stockés dans des conteneurs scellés et présentés sur des lignes de production structurées, confirmant une organisation industrielle avancée. En outre, le missile est associé à des plateformes mobiles blindées nord-coréennes 6×6 capables d’emporter jusqu’à huit conteneurs, ce qui laisse supposer une capacité de tir multiple depuis un même véhicule et une réelle mobilité opérationnelle. Par ailleurs, la conception modulaire évoquée dans plusieurs analyses spécialisées suggère que la Corée du Nord cherche à développer une famille complète d’armes antichar, adaptable, réutilisable et intégrée dans une doctrine offensive et défensive.
Des missiles antichar longue portée pour transformer l’équilibre terrestre
Au-delà de l’innovation technologique affichée, la Corée du Nord présente ce système comme une arme de rupture capable de modifier significativement l’équilibre opérationnel au sol. Grâce au guidage par fibre optique associé à une tête électro-optique, les opérateurs conservent la capacité de manœuvrer et corriger la trajectoire du missile pendant le vol, ce qui constitue un atout tactique majeur. De plus, l’emploi de ce type de missile permet de frapper des chars et véhicules blindés à grande distance, tout en protégeant les équipes de tir qui peuvent rester à couvert ou se positionner loin de la ligne de front. Selon des évaluations ouvertes issues d’organes spécialisés, le système aurait une portée estimée comprise entre environ 10 et 25 kilomètres, distance particulièrement significative pour une arme antichar. Même si ces estimations doivent toujours être analysées avec prudence, elles témoignent d’une ambition claire : doter la Corée du Nord d’une capacité antiblindée profonde et flexible.
Cette modernisation s’inscrit très clairement dans une évolution doctrinale. Face à la multiplication des chars de nouvelle génération et à l’expérience opérationnelle observée sur plusieurs conflits récents, les missiles antichar longue portée jouent un rôle crucial. La Corée du Nord veut se placer dans cette dynamique. Lors d’une visite de site industriel en janvier 2026, Kim Jong Un a ordonné une augmentation nette de la production, soulignant que ce programme constitue désormais un pilier central de l’appareil militaire. En pratique, multiplier par 2,5 la capacité industrielle, comme annoncé par les autorités nord-coréennes, signifie une volonté de disposer non pas d’un système symbolique, mais d’un armement déployé largement, capable d’équiper des unités régulières de première ligne. Cela confirme que la Corée du Nord ne se contente plus de démonstrations technologiques ; elle cherche à installer durablement ce missile dans sa planification opérationnelle.
Pourquoi ces missiles antichar répondent à un besoin stratégique
La Corée du Nord met fortement en avant l’intérêt stratégique de ce système de missiles antichar. Pyongyang considère que les blindés adverses, notamment ceux alignés par des forces considérées comme technologiquement supérieures, constituent une menace majeure pour ses troupes. Ainsi, disposer d’un armement capable de neutraliser des chars lourds à longue portée lui offre de nouvelles options tactiques. D’abord, cela permet théoriquement de bloquer ou d’user des forces blindées dès leur entrée dans une zone d’opérations. Ensuite, l’emploi d’un système électro-optique associé à un guidage fibre réduit la vulnérabilité du missile aux contre-mesures électroniques, un enjeu crucial dans les conflits actuels. Le fait que l’armée nord-coréenne annonce une livraison « régulière » aux unités confirme l’intégration de l’arme dans une logique d’équipement standard et non dans un cadre d’expérimentation isolée. Cela montre clairement que la Corée du Nord cherche à professionnaliser et systématiser l’usage de l’armement antichar avancé.
Enfin, ce programme traduit une dimension politique évidente : démontrer une capacité industrielle militaire solide, affichant discipline, organisation et continuité. Les séquences montrant des chaînes de montage, des missiles conditionnés en série, des conteneurs uniformisés et des plateformes blindées prêtes à l’emploi ne sont pas seulement des preuves techniques ; elles constituent aussi des messages à destination de l’étranger comme de l’intérieur. Elles doivent illustrer la capacité du pays à produire des systèmes complexes, dans un environnement sous sanctions, et malgré un isolement structurel. La livraison annoncée dès le premier semestre 2026 va dans ce sens : elle inscrit ce missile dans la réalité militaire tangible de la Corée du Nord. Dans un contexte où Pyongyang cherche à consolider ses forces terrestres, la montée en puissance de ce système de missiles antichar longue portée marque une étape importante. La Corée du Nord considère clairement cette arme comme un multiplicateur de puissance destiné à compenser d’éventuelles faiblesses conventionnelles grâce à la technologie et à l’effet psychologique qu’un tel système peut produire sur toute force blindée adverse.
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