La ligne rouge est franchie : la guerre n’est plus seulement du domaine militaire. Révélée par Le Canard Enchaîné, une directive du ministère de la Santé ordonne aux hôpitaux français de se préparer à accueillir des soldats blessés d’ici mars à 2026.
Hôpitaux : un document classé stratégique
Le 18 juillet 2025, les agences régionales de santé ont reçu un courrier qui ne ressemble pas aux habituelles circulaires administratives. Cette lettre, dont Le Canard Enchaîné a révélé le contenu, évoque explicitement un « engagement majeur » et demande aux hôpitaux civils de se préparer à une situation de guerre. Une anticipation qui n’a rien de théorique : le texte détaille la possibilité d’accueillir 10 000 à 50 000 soldats blessés sur une période de dix à cent quatre-vingts jours.
Ce scénario n’a rien d’anodin. Il implique la réquisition du personnel médical civil, mobilisable vers le Service de santé des Armées, ainsi que l’organisation de structures médicales temporaires à proximité des grands points d’entrée du territoire. Pour la première fois depuis des décennies, la santé publique est appelée à penser en termes d’opérations de guerre.
Une doctrine de résilience assumée
Catherine Vautrin a tenté de calmer le jeu. Invitée sur BFMTV le 27 aout 2025, la ministre du Travail et de la Santé a déclaré : « Il est tout à fait normal que le pays anticipe les crises, les conséquences de ce qu’il se passe. Cela fait partie de la responsabilité des administrations centrales. » Officiellement, il s’agit donc d’un exercice de prospective, au même titre que les plans de pandémie ou les stocks stratégiques.
Mais le vocabulaire du document reste troublant. On y lit des références à un « temps de guerre », à la « rareté des ressources » et à la « survenue de rétroactions sur notre territoire ». Des termes qui relèvent plus de la doctrine militaire que de la gestion sanitaire
La guerre conventionnelle comme hypothèse de travail
Cette directive ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un environnement stratégique dominé par la guerre en Ukraine, la tension persistante entre OTAN et Russie, et l’incertitude autour de la sécurité européenne. Pour Paris, intégrer les hôpitaux civils dans la chaîne de défense revient à préparer la nation entière à un conflit prolongé.
Dans les faits, cela signifie que la guerre n’est plus pensée comme une abstraction, mais comme une éventualité. Les hôpitaux deviennent alors une infrastructure stratégique, au même titre que les bases aériennes ou les ports militaires. Et si la Santé se prépare, c’est bien que l’État envisage désormais l’hypothèse d’un affrontement de grande ampleur sur le sol européen.
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