Il faut 60 heures pour piloter un drone de guerre : la leçon choc des Ukrainiens à l’armée britannique

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a posé de sérieux défis aux forces armées occidentales sur le plan stratégique et technologique. L’un des enseignements majeurs de ce conflit est l’utilisation massive des drones, qui a poussé les armées occidentales à repenser leurs tactiques et leurs programmes de formation pour mieux intégrer cette technologie dans les opérations militaires.

Comment l’Ukraine a transformé la formation aux drones

L’expérience acquise par les forces ukrainiennes sur le terrain a permis de tirer des leçons précises sur l’emploi des drones dans une guerre moderne, notamment grâce aux innovations ukrainiennes. L’Ukraine n’a pas seulement mis en œuvre des petits drones de façon pionnière : elle a aussi partagé son savoir-faire avec des alliés comme le Royaume-Uni, la Pologne, la Norvège et le Danemark, confirme Business Insider.

Lt. Col. Ben Irwin-Clark, commandant du 1st Battalion of the Irish Guards, explique que ses soldats ont rapidement adopté et adapté cette technologie. Sous son commandement, 78 membres de son bataillon se sont formés comme pilotes ou instructeurs de drones. Le témoignage de Maj. Wolf Amacker, chef de la Unmanned Aircraft Systems and Tactics Branch à Fort Rucker, insiste sur l’importance d’utiliser des simulateurs avant de piloter en réel. Le Unmanned Advanced Lethality Course introduit par l’US Army suit d’ailleurs cette approche.

La formation aux drones est maintenant plus structurée : 30 heures sur simulateur suivies de 30 heures de vol réel forment des pilotes compétents. L’exposition à différents systèmes est encouragée pour faire progresser en continu leur savoir-faire.

Le Royaume‑Uni pousse l’innovation et les infrastructures

L’armée britannique a tiré parti des enseignements du conflit pour conduire des réformes organisationnelles importantes. La mise en place d’un « drone hub » au sein de l’armée britannique, un projet pilote mené par le 1st Battalion of the Irish Guards, en est un bon exemple. Cette installation permet de fabriquer, réparer et s’entraîner sur des drones, en mettant l’accent sur l’autonomie et la maintenance rapide, notamment par l’impression 3D de pièces.

En parallèle, Operation Interflex, une initiative multinationale dirigée par le Royaume-Uni, rassemble 13 pays et vise à former les forces ukrainiennes au combat occidental. Cette coopération comprend un partage de savoir-faire, avec la participation de spécialistes ukrainiens à des exercices de lutte anti‑drone, notamment au Danemark.

Aux États-Unis aussi, des efforts sont faits, avec des formations avancées à Fort Rucker (en Alabama) pour combler le retard mis en évidence par la guerre menée avec des drones.

Les pilotes ukrainiens formés à la vitesse grand V

Dans le même temps, la formation des pilotes ukrainiens sur des avions de chasse comme les F-16 a été accélérée à travers l’Europe. La France joue un rôle important en accueillant la seconde phase de la formation des pilotes ukrainiens sur Alphajet (un avion d’entraînement) avant leur passage aux F-16 sur la base de Fetesti en Roumanie. Cette formation est organisée pour être deux fois plus rapide que la normale, afin de répondre à la pression du conflit. L’urgence s’explique par l’intensification du soutien aérien russe dans l’est de l’Ukraine, ce qui oblige à moderniser rapidement l’aviation ukrainienne.

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