Iran : Khamenei devient une ligne rouge absolue

Le 18 janvier 2026, l’Iran a clarifié un point central de sa doctrine de dissuasion. Selon les autorités iraniennes, toute action visant le guide suprême Ali Khamenei déclencherait une guerre ouverte. Cette position, formulée après des déclarations de Donald Trump, s’adresse avant tout aux états-majors et aux planificateurs militaires occidentaux.

Iran : la protection de Khamenei au cœur de la doctrine militaire

Dans la hiérarchie stratégique nationale, Khamenei n’est pas seulement un chef religieux. Il est le commandant suprême des forces armées, avec autorité directe sur l’état-major, les forces régulières et surtout le Corps des gardiens de la révolution islamique. Dès lors, le régime considère que le ciblage de Khamenei constituerait une décapitation stratégique comparable à une attaque massive contre les centres de commandement.

Sur le plan militaire, cette posture s’inscrit dans une doctrine de sanctuarisation du leadership. L’Iran assimile toute tentative de frappe ciblée, d’enlèvement ou d’opération spéciale contre le guide suprême à une agression étatique directe. En conséquence, la réponse ne serait ni graduée ni limitée. Elle impliquerait immédiatement l’ensemble des capacités conventionnelles et asymétriques disponibles.

Cette approche vise à éliminer toute ambiguïté opérationnelle. Les autorités iraniennes cherchent à empêcher les États-Unis d’envisager un scénario de neutralisation du leadership sur le modèle de précédentes opérations de « decapitation strikes ». Pour Téhéran, la survie du commandement central conditionne la cohésion militaire interne, notamment celle des forces paramilitaires et des milices alliées dans la région.

Quelles options militaires en cas de franchissement de la ligne rouge

Si la ligne rouge était franchie, l’Iran dispose d’un éventail de réponses militaires déjà éprouvées. La première serait balistique. Les forces iraniennes ont démontré leur capacité à frapper des installations américaines dans la région, notamment au Qatar. Ces frappes, même limitées, viseraient à infliger des pertes symboliques mais politiquement coûteuses à Washington.

Ensuite, l’Iran activerait très probablement son réseau régional. Les groupes armés alliés au Liban, en Irak, en Syrie ou au Yémen constituent une profondeur stratégique essentielle. Une attaque contre Khamenei serait perçue comme un signal d’embrasement général, justifiant des frappes coordonnées contre des bases américaines, des navires ou des infrastructures énergétiques dans le Golfe.

Sur le plan naval, le détroit d’Ormuz resterait un levier central. Même sans fermeture totale, des actions de harcèlement maritime suffiraient à perturber le trafic commercial et à provoquer une onde de choc sur les marchés énergétiques. Pour les planificateurs militaires occidentaux, cette dimension reste l’un des risques les plus difficiles à contenir.

Enfin, le volet cyber ne peut être exclu. L’Iran a développé des capacités offensives significatives dans ce domaine. En cas de guerre déclarée, des attaques contre des réseaux militaires, logistiques ou énergétiques occidentaux constitueraient un multiplicateur d’effet, complémentaire aux actions cinétiques.

Le précédent Maduro et l’impact sur le calcul militaire iranien

L’élément nouveau dans l’équation stratégique iranienne réside dans le précédent de l’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis. Cette opération, conduite hors d’un théâtre de guerre classique, a profondément marqué les états-majors adverses de Washington. Pour l’Iran, elle démontre que des actions directes contre un chef d’État sont désormais envisageables, même en dehors d’un conflit déclaré.

D’un point de vue militaire, ce précédent modifie l’évaluation de la menace. Il élargit le spectre des scénarios à anticiper, en intégrant des opérations spéciales à haute valeur politique. La réponse iranienne consiste donc à surélever le seuil de dissuasion, en annonçant clairement qu’un tel acte entraînerait une guerre interétatique immédiate.

Cette clarification vise aussi les alliés des États-Unis. En signalant qu’une attaque contre Khamenei déclencherait un conflit régional majeur, l’Iran cherche à renforcer les réticences de partenaires européens ou moyen-orientaux à soutenir une opération de ce type. La dissuasion ne s’adresse plus seulement à Washington, mais à l’ensemble de la coalition potentielle.

Ce message iranien marque une évolution notable. Il transforme une hypothèse longtemps considérée comme extrême en scénario explicitement intégré à la planification stratégique. Désormais, toute réflexion opérationnelle occidentale doit intégrer le risque d’une escalade immédiate et généralisée en cas de ciblage du leadership iranien.

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