Après le coup de force réalisé au Venezuela, Donald Trump accentue la pression sur le Groenland. Ce territoire, sous souveraineté du Danemark, intéresse l’Oncle Sam. Quitte à provoquer une fracture au sein de l’OTAN ? C’est possible.
Donald Trump accentue la pression sur le Groenland
Après l’opération choc au Venezuela, Donald Trump a remis le Groenland au cœur du débat stratégique mondial en réaffirmant que les États-Unis considèrent ce territoire autonome danois comme indispensable à leur sécurité nationale. Ces propos, tenus dans un contexte international déjà tendu, ont immédiatement provoqué des réactions diplomatiques fortes, tant du côté du Danemark que des alliés européens, inquiets d’une possible remise en cause des équilibres au sein de l’OTAN.
Donald Trump n’a pas atténué ses ambitions concernant le Groenland. Au contraire, il a déclaré que les États-Unis « avaient besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale », ajoutant que le Danemark ne serait pas en mesure d’« s’en occuper correctement ». Cette citation, prononcée par le président américain lors d’un échange avec des journalistes à bord d’Air Force One, provoque un tollé. Ainsi, selon Donald Trump, l’intérêt stratégique du Groenland justifierait une implication directe de Washington, voire une annexion, dans un calendrier volontairement flou mais présenté comme proche, « en 20 jours » selon le président américain.
Cependant, cette rhétorique s’inscrit dans une logique plus large de projection de puissance des États-Unis dans l’Arctique. Le Groenland, vaste île de plus de deux millions de kilomètres carrés, abrite environ 57 000 habitants. Or, ce territoire contrôle des routes maritimes arctiques de plus en plus accessibles avec la fonte des glaces, tout en recelant d’importantes ressources minérales. Donald Trump a déjà, par le passé, exprimé son intérêt pour ces enjeux, et il a de nouveau insisté sur le fait que la présence croissante de navires russes et chinois dans la région rendrait, selon lui, une prise en main américaine du Groenland nécessaire.
Le Groenland, enjeu stratégique et symbole de souveraineté
Face à ces déclarations, les autorités du Groenland ont réagi avec fermeté. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a dénoncé des propos « totalement inacceptables et irrespectueux », rappelant que le Groenland n’est pas un territoire à vendre ni à annexer. Ainsi, tout en reconnaissant l’importance stratégique de l’île, les dirigeants locaux affirment que l’avenir du Groenland doit être décidé par sa population, dans le respect du droit international et des accords existants avec le Danemark.
Par ailleurs, l’opinion publique locale semble massivement opposée à toute perspective d’annexion par les États-Unis. Selon un sondage relayé par plusieurs médias français, environ 85 % des habitants du Groenland refuseraient l’idée d’une intégration aux États-Unis. Ce chiffre illustre un rejet clair de la vision défendue par Donald Trump et renforce l’argument selon lequel une telle démarche irait à l’encontre du principe d’autodétermination. De plus, même si le Groenland dispose d’une large autonomie, il reste juridiquement rattaché au Royaume du Danemark, un État souverain et membre à part entière de l’OTAN.
En Europe, plusieurs capitales ont également réagi, soulignant les implications pour l’OTAN. La France a réaffirmé son soutien à la souveraineté du Danemark et du Groenland, selon une déclaration officielle. De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères a indiqué que toute question concernant la protection du Groenland devrait être discutée « au sein de l’OTAN », rappelant que le territoire bénéficie indirectement des garanties de défense collective de l’Alliance.
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