Le gouvernement français a donné son feu vert à la vente controversée de LMB Aerospace, spécialiste reconnu des moteurs et ventilateurs électriques, au groupe américain Loar Group. L’accord ravive de vifs échanges sur l’autorité nationale et la surveillance des investissements étrangers en France, et remet en question la stratégie industrielle du pays.
Détails et enjeux de la vente
La transaction a été officiellement annoncée le 26 décembre, clôturant une série de négociations exclusives qui étaient engagées depuis février 2025. Le montant de la vente est estimé à 367 millions d’euros, confirme actu.fr. L’opération a reçu l’aval de Bercy (ministère de l’Économie) et de la Direction générale de l’armement (DGA).
L’opération intervient à un moment important pour LMB, qui réalise 30 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis tout en restant dépendante de sa production en France. Fondée en 1956 et basée à Malemort-sur-Corrèze, LMB Aerospace fournit des composants de rang 2 pour des systèmes militaires et civils. Son poids stratégique est renforcé par sa participation à des projets comme l’avion de combat Rafale, les hélicoptères Tigre, les sous-marins nucléaires SNLE de Naval Group et le porte-avions Charles-de-Gaulle.
Qui est impliqué et comment la vente s’est faite
Depuis 2022, LMB appartenait à trois fonds d’investissement français : Tikehau Ace Capital, Amundi Private Equity Funds et IDIA Capital Investissement. Ces fonds ont lancé la vente, décision validée par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a déclaré : « Un fonds français décide de la vendre, c’est son droit ».
L’acheteur, Loar Group, est présenté comme un fabricant et fournisseur de composants pour les industries aérospatiales et de défense. Pour assurer une transition contrôlée, l’État a posé des conditions strictes : maintien des activités à Malemort-sur-Corrèze et respect continu des contrats avec les forces armées françaises. Par ailleurs, l’État a mis en place une « action de préférence » et un droit de blocage sur les décisions stratégiques afin de protéger sa souveraineté.
Réactions politiques et analyses d’experts
Sur le plan politique, les réactions sont contrastées. Aurélie Trouvé (LFI) qualifie la vente de « suicidaire ». Le Parti communiste et le Parti socialiste y voient un nouvel abandon de la souveraineté industrielle française. Pour Jordan Bardella (RN), il s’agit d’« une grande braderie ». Marine Le Pen a parlé d’« une véritable trahison contre la souveraineté nationale ».
Du côté des spécialistes, certains nuancent l’enjeu stratégique de LMB. Guillaume Ancel, ancien officier de l’armée, estime que LMB n’est pas une entreprise stratégique majeure et représente selon lui « moins de 10 % du petit marché des ventilateurs militarisés ».
Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre Newsletter gratuite pour des articles captivants, du contenu exclusif et les dernières actualités.
