Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 28 août, une résolution fixant la date de départ des casques bleus du Liban au 31 décembre 2027. Ce vote met fin à près d’un demi-siècle de présence militaire internationale dans le sud du pays. La mission onusienne, qui comptait 10 800 militaires et civils selon Le Monde, doit progressivement céder sa place à l’armée libanaise, appelée à devenir l’unique garante de la sécurité dans cette zone frontalière sensible.
Une résolution onusienne qui organise la fin de la Finul et le transfert des responsabilités à l’armée
La résolution adoptée par le Conseil de sécurité a été parrainée par la France et prévoit une prolongation du mandat de la Finul jusqu’au 31 décembre 2026. À partir de cette date, un retrait progressif sera engagé sur une année entière, pour aboutir au départ définitif des casques bleus fin 2027, comme l’a indiqué Reuters. Cette phase transitoire doit permettre au Liban de renforcer ses propres capacités militaires et de consolider le contrôle de son territoire.
Pendant cette période, la mission onusienne conservera des tâches limitées : assurer la sécurité du personnel des Nations unies, protéger les civils en cas de menace grave et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Le mandat historique, qui incluait la surveillance de la frontière et la médiation entre Israël et le Liban, sera ainsi réduit à des fonctions de soutien, précise Le Monde. Ce redimensionnement traduit la volonté des États membres de responsabiliser les forces armées libanaises, dont la préparation et les moyens demeurent au centre des débats.
Liban : inquiétudes européennes face au retrait des casques bleus et craintes d’un vide sécuritaire
Si Israël et les États-Unis se sont réjouis de cette décision, la France et l’Italie ont exprimé de vives réserves. Selon Le Monde, Paris et Rome redoutent qu’un retrait trop rapide ne crée un vide sécuritaire dans lequel le Hezbollah pourrait s’engouffrer. Les diplomaties européennes insistent sur la fragilité des institutions militaires libanaises, confrontées à une grave crise économique et à des difficultés logistiques persistantes.
L’Orient-Le Jour rappelle que la Finul commencera à réduire ses effectifs dès fin 2026, un calendrier jugé risqué par certains experts militaires. La FINUL, déployée depuis 1978, a souvent servi de tampon entre Israël et le Hezbollah. Le départ programmé fait donc planer l’incertitude sur la stabilité de la région, d’autant que la frontière dite de la « ligne bleue » reste l’une des plus explosives du Moyen-Orient.
Israël et Washington saluent une « bonne nouvelle », la Finul laisse derrière elle un bilan contrasté
Du côté israélien, la fin de la présence des casques bleus est présentée comme une avancée. « C’est une bonne nouvelle », a déclaré un responsable israélien cité par AP News, rappelant les critiques récurrentes de l’État hébreu contre l’inefficacité supposée de la mission. Washington, qui soutenait également la réduction progressive de la force, considère que l’heure est venue de transférer la charge de la sécurité aux autorités locales. Pourtant, le bilan de la Finul n’est pas négligeable.
Le Financial Times souligne que les casques bleus ont permis le démantèlement de plus de 500 structures liées au Hezbollah dans le sud du Liban, contribuant ainsi à contenir l’escalade militaire. Toutefois, la mission n’a jamais pu empêcher totalement les violations de la ligne bleue ni neutraliser l’arsenal croissant du mouvement chiite. À la veille de son départ, la Finul laisse donc une empreinte contrastée : indispensable rempart pour certains, force d’inertie pour d’autres.
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