Nucléaire iranien : les inspecteurs de l’AIEA de retour à Bouchehr

Depuis le début du mois de juillet 2025, l’Iran avait suspendu toute participation aux missions de l’AIEA, fragilisant le contrôle international sur son programme nucléaire. Aujourd’hui, le retour limité des inspecteurs sur le site nucléaire de Bouchehr marque une première étape dans la reprise d’un dialogue incertain autour du nucléaire, alors que les enjeux économiques et géopolitiques restent plus que jamais imbriqués.

Retour partiel des inspecteurs sur un site stratégique nucléaire iranien

Les inspecteurs de l’AIEA sont revenus en Iran pour la première fois depuis la suspension décidée au début du mois de juillet 2025. Ils sont arrivés à la centrale de Bouchehr, seule centrale de production d’électricité d’origine nucléaire du pays, et ont entamé leur mission dès le 27 août 2025, selon Mediapart et l’AFP. Leur présence vise principalement à superviser le remplacement du combustible du réacteur, une opération sensible qui conditionne la continuité de la production électrique.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a confirmé à Washington le début de cette mission en déclarant, dans des propos rapportés par Le Progrès : « Ils sont là-bas maintenant … Aujourd’hui, ils inspectent Bouchehr ». Cette affirmation illustre une volonté d’encadrer, même de manière partielle, le processus nucléaire iranien. Mais l’étendue de cette supervision reste limitée à une opération technique précise et ne constitue pas une reprise globale des inspections prévues dans le cadre de l’accord de garanties.

Une coopération encore inachevée malgré des avancées symboliques

Si ce retour est significatif, il ne marque pas la normalisation complète des relations entre l’Iran et l’agence onusienne. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a précisé dans une déclaration relayée par Le Monde que « aucun texte définitif n’a encore été approuvé concernant le nouveau cadre de coopération avec l’AIEA et des échanges sont en cours ». Cette remarque montre clairement que le processus est encore au stade de la négociation et ne garantit pas la reprise totale des inspections. Pour Téhéran, le retour des inspecteurs doit s’inscrire dans un dispositif encadré et validé par ses institutions souveraines.

Dans un communiqué repris par Reuters, Abbas Araqchi a souligné que « le combustible de la centrale de Bushehr doit être remplacé sous la supervision des inspecteurs de l’agence internationale ». L’accent mis sur cette opération technique démontre que l’Iran accepte un contrôle limité mais conditionne tout élargissement à de nouvelles discussions diplomatiques. Ce choix reflète l’équilibre délicat que cherche à maintenir la République islamique entre coopération internationale et affirmation de sa souveraineté nucléaire.

Cette reprise partielle intervient après une séquence de tensions accrues. Depuis début juillet 2025, la coopération avait été interrompue par une décision politique des autorités iraniennes, dans un contexte marqué par des frappes israéliennes et américaines contre plusieurs sites nucléaires, dont Fordo et Natanz. L’arrêt brutal des inspections avait inquiété les chancelleries occidentales et renforcé la crainte d’un programme nucléaire hors de contrôle. Le retour, même limité, des experts internationaux constitue donc un signal diplomatique autant qu’un geste technique

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