Un sous-marin nucléaire américain libère quatre missiles en série, l’avertissement est clair

La Marine américaine a récemment mené une série d’exercices stratégiques qui ont retenu l’attention dans le monde entier, soulignant le renforcement de la posture défensive des États-Unis. Entre le 17 et le 21 septembre, on a vu le tir de quatre missiles nucléaires inertes, les UGM-133 Trident II D5LE, depuis un sous-marin lanceur de missiles de classe Ohio, au large de la côte est de la Floride. Cette opération montre clairement que les États-Unis continuent de disposer d’une dissuasion nucléaire crédible.

Des exercices prévus dans un climat international tendu

Ces essais en vol se font régulièrement pour vérifier et confirmer que le système Trident II D5LE reste fiable et précis. Certes, ces tests ne sont pas une réponse directe aux événements actuels, mais ils ont lieu dans un climat mondial marqué par la guerre en Ukraine et des relations tendues avec la Russie. L’un des tirs a d’ailleurs illuminé le ciel nocturne, visible jusqu’à Porto Rico, mettant en lumière l’ampleur de l’opération.

Le vice-amiral Johnny R. Wolfe a souligné l’importance vitale du système de missiles balistiques lancés par sous-marin pour la défense américaine depuis les années 1960. D’après lui, ces essais prouvent non seulement la crédibilité mais aussi la fiabilité des capacités de dissuasion stratégique des États-Unis. Il a ainsi déclaré : « Maintenir nos capacités actuelles et prouver par des essais en vol que le système est prêt à réagir si besoin se révèle indispensable pour assurer la paix par la force de notre nation. »

Des détails techniques et une modernisation à venir

Le missile Trident II D5, réputé pour sa grande précision et sa robustesse depuis sa conception dans les années 1980, va être modernisé en 2027, prolongeant ainsi sa durée de vie jusqu’en 2042. Bien qu’il soit théoriquement capable de transporter jusqu’à huit ogives nucléaires, les traités internationaux limitent son chargement à cinq ogives. Depuis son entrée en service, on a déjà enregistré 197 tirs d’essai, preuve d’un suivi technique régulier.

Pour éviter tout danger, les autorités américaines ont diffusé des NOTAM (Notices to Airmen) et NOTMAR (Notices to Mariners) pour interdire l’accès aux zones survolées par les missiles lors de leur trajectoire dans une vaste étendue de l’Atlantique, au large de l’Afrique de l’Ouest.

Ce que montrent ces essais à l’échelle internationale

Les États-Unis ne sont pas les seuls à tester leurs armes stratégiques. La France, par exemple, effectue des exercices similaires. En novembre 2023, elle a lancé un missile balistique stratégique M51.3 sans charge nucléaire dans les Landes. La troisième version de ce missile offre une portée qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, tandis qu’une quatrième version est attendue pour 2035.

De plus, en avril 2023, le SNLE français Le Terrible a lancé un missile M51 après une période d’entretien. En novembre 2023 également, le sous-marin russe K-554 Empereur Alexandre III a tiré un missile RS-30 Boulava avant son entrée en service actif.

L’importance d’une dissuasion stratégique efficace

Selon Étienne Marcuz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, ces tirs visent avant tout à préparer au mieux les plans de frappe nucléaire tout en tenant compte d’un taux d’échec potentiel. Une dissuasion stratégique crédible et opérationnelle demeure indispensable pour garantir la sécurité nationale des États-Unis ainsi que celle de leurs alliés.

  • Les principaux éléments de cette dissuasion comprennent 14 SNLE de classe Ohio équipés des missiles Trident II D5LE,
  • les bombardiers stratégiques B-2A Spirit capables de transporter des bombes B-61 et B-83,
  • ainsi que les missiles sol-sol Minuteman III, qui seront remplacés par le programme Sentinel.

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