Venezuela : élections présidentielles truquées, Nobel de la paix, narcotrafic — ce qu’il faut savoir pour comprendre

Le Venezuela traverse une nouvelle séquence de crise politique majeure après l’élection présidentielle de 2024, dont les résultats sont largement contestés par l’opposition et une partie de la communauté internationale. Entre accusations de fraude électorale, répression politique, reconnaissance internationale partielle et soupçons persistants de liens entre le pouvoir et le narcotrafic, le régime de Nicolás Maduro se retrouve à nouveau au centre de fortes tensions diplomatiques et sécuritaires.

Une élection présidentielle sous haute contestation

Le scrutin présidentiel s’est tenu le 28 juillet 2024, à l’issue duquel le Conseil national électoral (CNE), institution étroitement contrôlée par le pouvoir chaviste, a proclamé Nicolás Maduro vainqueur pour un troisième mandat consécutif.

Dès l’annonce des résultats, l’opposition a dénoncé une élection verrouillée :

– inéligibilité ou empêchement de plusieurs candidats,

– contrôle étroit du processus électoral,

– absence de transparence dans la publication des résultats détaillés,

– pressions sur les électeurs et sur les équipes de campagne adverses.

Le candidat soutenu par la coalition d’opposition, Edmundo González, a revendiqué une victoire sur la base de procès-verbaux collectés par ses équipes. Peu après, il a été contraint à l’exil, sous la menace de poursuites judiciaires.

Une réaction internationale très critique

La proclamation de la victoire de Nicolás Maduro a suscité une réaction internationale rapide et négative.

Les États-Unis, l’Union européenne, plusieurs pays d’Amérique latine ainsi que diverses organisations internationales ont mis en doute la légitimité démocratique du scrutin.

Si certains États alliés de Caracas — notamment la Russie, l’Iran ou Cuba — ont reconnu sans réserve la réélection de Maduro, une large partie des démocraties occidentales a dénoncé un processus électoral non conforme aux standards internationaux, évoquant un simulacre d’élection plutôt qu’un scrutin libre.

Cette fracture diplomatique renforce l’isolement politique du Venezuela, tout en maintenant un statu quo interne favorable au pouvoir en place.

María Corina Machado, figure centrale de l’opposition, Nobel de la Paix

Au cœur de cette séquence politique se trouve María Corina Machado, large gagnante des primaires de l’opposition, mais interdite de candidature par les autorités.

Devenue la principale voix de l’alternative démocratique, elle a poursuivi sa mobilisation malgré les menaces, la clandestinité partielle et la répression visant ses soutiens. Son combat politique lui a valu une reconnaissance internationale croissante.

En 2025, María Corina Machado a reçu le prix Nobel de la paix, et a reçu plusieurs distinctions internationales pour la défense de la démocratie et des droits civiques.

Le régime Maduro et le narcotrafic : un soupçon persistant

Au-delà de la question électorale, le régime vénézuélien reste confronté à des accusations récurrentes de liens avec le narcotrafic international.

Depuis plus d’une décennie, des responsables civils et militaires vénézuéliens sont soupçonnés d’appartenir ou de coopérer avec ce que les services américains ont qualifié de « Cartel de los Soles », une structure informelle impliquant des hauts gradés des forces armées.

Nicolás Maduro lui-même fait l’objet, aux États-Unis, d’inculpations pour narcotrafic et blanchiment, assorties de primes pour information menant à son arrestation. Caracas dénonce des accusations « impérialistes », mais ces dossiers contribuent à la délégitimation internationale du pouvoir vénézuélien et expliquent en partie la persistance des sanctions économiques.

Un régime solidement ancré malgré l’isolement

Malgré une contestation interne forte, une économie exsangue et un isolement diplomatique durable, le régime de Nicolás Maduro continue de s’appuyer sur :

– le contrôle des forces armées,

– la maîtrise de l’appareil judiciaire et électoral,

– le soutien de partenaires stratégiques non occidentaux.

Pour l’opposition, l’enjeu n’est plus seulement électoral, mais institutionnel et sécuritaire, tant les leviers démocratiques classiques apparaissent neutralisés.

À retenir

  • L’élection présidentielle de 2024 est massivement contestée pour manque de transparence.
  • Une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas la légitimité du scrutin.
  • María Corina Machado s’impose comme la figure centrale de l’opposition, soutenue symboliquement à l’international.
  • Les soupçons de narcotrafic autour du pouvoir chaviste pèsent lourdement sur la crédibilité du régime.

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